Politiques extrêmes

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Politiques extrêmes

Message  Newo le Mer 14 Sep - 9:00


Tout d'abord, tous les complotistes actifs du net ne sont pas (tous) des extrémistes politiques. Ils sont intégristes car ils ont une Foi, une Croyance et souhaitent la faire entendre au plus grand nombre à la pêche de nouveaux adeptes. Toutes les personnes qui les contredisent sont sûrement à la solde du Mossad, de la CIA, ou de la Franc-Maçonnerie. Mais la Théorie du Complot est né au XVIIIème siècle avec la Révolution Française, époque où les royalistes et autres conservateurs pensaient que les maçons étaient à l'origine des évènements. Depuis, les extrêmes droites lancent régulièrement des théories d'une multitude de complots. Et depuis quelques décennies (le mouvement s'est accéléré ces dix dernières années), des personnes de sensibilité de gauche ont adopté ses théories. Et des alliances se nouent entre différents mouvements qui étaient à la base opposé. Il est donc intéressant d'observer par des articles ce qui réunit ces personnes même si j'entends déjà des voix répondant que l'antisémitisme est le socle de ses alliances. Sûrement vrai en partie, mais sujet plus complexe dans sa globalité.


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L’antisémitisme et les mouvements de gauche

Message  Newo le Mer 14 Sep - 9:04

L’antisémitisme et les mouvements de gauche
V Rasplus

L’antisémitisme n’est pas le monopole d’une catégorie politique et l’engagement contre l’antisémitisme dans l’histoire de la gauche n’est pas un postulat qui va de soi. C’est sur cette constatation historique que Michel Dreyfus a réalisé cette étude synthétique – de 1830 à nos jours - sur les différentes formes d’antisémitismes situées à gauche de l’échiquier politique français, au sein des courants socialiste, marxiste, anarchiste, communiste, syndicaliste, etc. L’homme à gauche n’était pas plus immunisé contre l’antisémitisme qu’aujourd’hui.

Le socialisme des imbéciles

Au dix-neuf ème siècle, une certaine gauche reprit toute une série de poncifs antisémites existants dans des espaces politiques autres que le sien tout en y intégrant des éléments spécifiques provenant de son champs particulier. Elle fut à la fois passive, en se laissant " imprégner par l’antisémitisme virulent de la droite et de l’extrême-droite " (p. 13)), mais aussi active en produisant ce que Auguste Bebel a nommé " le socialisme des imbéciles ", venant à son tour nourrir indifféremment les antisémitismes de tous bords.

Le discours antisémite a toujours ignoré les frontières politiques et sociales. Faut-il pour autant penser que l’homme de gauche (ou l’homme à gauche ) ait eu si peu d’intelligence et tant de préjugés, individuellement ou associé, pour qu’au moment où " les organisations ouvrières font leurs premiers pas : leur faiblesse, leur inexpérience contribuent à expliquer que de nombreux militants, socialistes et anarchistes notamment, se laissent séduire par les arguments antisémites " 1 et qu’ " en l’absence de tradition, ayant tout à inventer, les premiers penseurs socialistes vont souvent reprendre à leur compte les stéréotypes de l’époque et les intégrer à leurs analyses " 2 ? Cette relative et discutable immaturité n’a pas empêché que " cette hostilité innove aussi sur plusieurs points "3. Faut-il vraiment penser que l’homme de gauche ait eu tant de haine de l’autre pour que " durant ces années de formation, le socialisme utopique accaparé par l’analyse de la situation ouvrière se préoccupe peu de ces questions " 4 ? Faut-il penser qu’il a été un idiot culturel pour être si " peu à même de s’interroger sur ces idéologies nouvelles que sont nationalisme, xénophobie et antisémitisme " 5 ? Un certain nombre de penseurs allaient préparer les esprit à accepter et à intégrer l’antisémitisme - comme la xénophobie - à gauche.

Le Juif moderne, révolutionnaire et capitaliste

Après l’antijudaïsme d’orientation religieuse et athée, l’apparition du monde moderne allait engendrer l’antisémitisme en même temps que se développait le mouvement ouvrier avec son lot de prolétaires. A l’image moyenâgeuse du Juif comme peuple errant " déicide ", adepte de rituels morbides, fomenteur de révolutions (dont la Révolution française), usurier et profiteur, parasite de la société, viendra s’ajouter l’étiquette de l’exploiteur de la classe ouvrière, du " gros " bourgeois capitaliste et cosmopolite, maître de l’argent et des banques, avant de devenir celui de l’économie mondiale. A ce genre de stéréotypes, Michel Dreyfus démontre que ces Juifs " ne représentent qu’une toute petite partie de la société juive ", les " banquiers juifs sont bien moins nombreux que leurs rivaux catholiques ou protestants et le rôle des Juifs dans l’industrialisation de la France est faible "6. Pourtant, "l’idée selon laquelle les Juifs sont les principaux profiteurs du capitalisme industriel et bancaire sera ressassée sous de multiples formes par les antisémites, le plus souvent de droite et d’extrême-droite, mais aussi par de nombreux penseurs et militants de gauche et d’extrême-gauche " 2. Ces penseurs porteront le nom de Charles Fourrier, Pierre Leroux, Alphonse Toussenel, Auguste Blanqui, Gustave Tridon, Auguste Chirac, Pierre-Joseph Proudhon, etc.

Sur ce dernier penseur, Michel Dreyfus perd un peu le lecteur quand il écrit, en suivant Pierre Haubtmann, que Pierre-Joseph Proudhon " n’aimait pas les Juifs [mais] n’avait rien d’un obsédé de l’antisémitisme " tout en lui reconnaissant une humeur antijuive assez vive qui " n’apparaît pas seulement dans ses Carnets, mais aussi à plusieurs reprises dans ses textes publics " 8. A la page suivante Michel Dreyfus souligne inversement qu’" à la différence de Toussenel, Proudhon ne fait pas de l’antisémitisme l’un de ses fondements de sa pensée et il l’exprime assez peu dans ses textes publics "9. Rajoutant de la confusion, Michel Dreyfus souligne que " l’animosité de Proudhon à l’égard de Marx a largement exacerbé son antisémitisme foncier " 9, cet haine des Juifs dont " de nombreux travaux consacrés à Proudhon minorent, quand ils ne l’oublient complètement, son antisémitisme virulent " 11, ses " propos d’un antisémitisme exacerbé " 4. Quoi qu’il en soit, Proudhon restera une référence évoquée tant chez les socialistes et les anarchistes (autogestionnaires, mutuellistes, fédéralistes, syndicalistes révolutionnaires) qu’à l’extrême-droite (Édouard Drumont, Charles Maurras, etc.) avec ses propos xénophobes, racistes, antisémites, antifémitistes, réactionnaires, nationalistes.

Karl Marx - " villipendé comme allemand et comme juif par Bakounine, attaqué par le socialiste antisémite Eugen Düring " 13 - aura des positions théoriques sur les Juifs qui ne s’inscrivent pas dans un cadre antisémite strict, mais son ouvrage, A propos de la question juive (1843), fournira aux antisémites de tous bords nombre d’arguments de rejet des Juifs. D’autres socialistes, comme Claude Henri Saint-Simon, Léon Halévy, Olinde Rodrigues, Etienne Cabet, Victor Considérant, Constantin Pecqueur, Louis Blanc, s’éloigneront de ces vues du monde stigmatisant les Juifs. L’imaginaire – littéraire, théâtral, chansonnier, politique, etc. - représentait le Juif similaire à une pièce à deux faces : d’un côté le révolutionnaire (Marx), de l’autre l’exploiteur (Rothschild). Le Juif, tel Janus, sera imaginé comme à la fois un prolétaire progressiste révolutionnaire et un gros réactionnaire capitaliste. Combattre le Juif, sensé être - par nature - lié à l’argent et au pouvoir, c’est combattre le parlementarisme ploutocratique, la démocratie bourgeoise, la République répressive du mouvement ouvrier en formation, l’immigré et l’étranger (l’Anglais, l’Allemand, l’Italien,…), l’alliance judéo-maçonnique. Un certain antisémitisme de gauche avait intégré le racialisme de Proudhon et récupéra, à la volée, le racialisme de Ernest Renan (basé sur l’opposition aryen/sémite), l’approche inégalitaire des races humaines avec Arthur Gobineau, l’antisémitisme complotiste de Edouard Drumont. Une stratégie élaborée à gauche considérait que " l’antisémitisme [pouvait] être un allié du socialisme dans la lutte contre le capitalisme " 14 en hâtant " l’heure de la révolution " 15.

Le tournant Dreyfus

Alors que les courants politiques de gauche ignoraient dans leur grande majorité le prolétariat juif 16, la lutte des races tendait à remplacer ou compléter la lutte des classes dans certaine composante de gauche. Vint un événement retentissant qui allait bouleverser le paysage politique et amoindrir l’antisémitisme ordinaire à gauche, l’Affaire Dreyfus 17. La gauche allait prendre fait et cause pour un Juif, bourgeois et militaire, accusé d’espionner son pays – la France – pour le compte de l’ennemi prussien. La chose ne fût ni instantanée, ni uniforme ni facile : imagine-t-on un socialiste révolutionnaire défendre un bourgeois, ou un anarchiste défendre un militaire ? Ce fut " pourtant un anarchiste, Bernard Lazare, qui devient le " premier des dreyfusards "" 18. L’Affaire fut à gauche un mélange d’engagement, d’indifférence, d’hostilité et de désillusions. Des " syndicalistes [s’indigneront] du fait que d’autres affaires ne provoquent pas une mobilisation analogue [comme] le cas du syndicaliste Jules Durand (…) condamné à mort en 1910 pour avoir participé à une grève (…) . Dès lors, ces syndicalistes en concluent que seuls les privilégiés, en premier lieu les Juifs, toujours aisés, auraient les moyens de s’offrir des défenseurs efficaces" 19.

Pour Michel Dreyfus, l’antisémitisme se focalisa pendant cette période – hors droite et extrême-droite – beaucoup plus dans les courants syndicalistes révolutionnaires (Robert Louzon, Georges Sorel, etc.) et anarchistes (Georges Valois, etc.) et d’une manière moindre – sans disparaître - chez les communistes et les socialistes. Ces derniers ne seront pas épargnés par les salves antisémites venant aussi de gauche (pour les premier concernant le financement de L’Humanité, pour les second avec la stigmatisation de Léon Blum et plus tard Pierre Mendès France). A contrario Gustave Hervé, socialiste d’extrême gauche, se définira lui comme " philosémite ", considérant l’antisémitisme comme la forme la plus base de conservatisme, ce qui le conduira très tôt à être " l’un des rares hommes politiques français (…) favorable au sionisme " 20. Rien n’était si tranché du côté de ce champ politique.

Un monde bouleversé

L’arrivée de la Première guerre mondiale fera quelque peu oublier aux ouvriers, syndicalistes, socialistes et anarchistes la lutte des classes, l’internationalisme et l’antimilitarisme, en mettant " en veilleuse leur projet révolutionnaire pour justifier (…) la guerre contre le militarisme prussien 21. La Révolution d’octobre causera – indirectement - la scission de la SFIO et la création du PCF, la CGT se divisera en deux tendances. Un nouveau thème antisémite surgira, le complot judéo-bolchévik (frère d’autres complots, judéo-maçons, judéo-capitaliste, etc.), complété d’un best-seller, Les Protocoles des sages de Sion. Cette époque voit le développement d’un nationalisme retardataire, le sionisme, qui rencontra une large indifférence des communautés juives françaises engagées " sur les voies de l’assimilation "22 et dont les socialistes et l’extrême-gauche craignaient qu’il " ne détourne les Juifs des combats révolutionnaires " (p. 135)), chose qu’ignorait Poalé-Sion, un " parti créé en Russie en 1906 [visant] à faire la synthèse entre le marxisme et le sionisme " 23. A l’Est de l’Europe, le temps était plus aux pogroms qu’à l’assimilation. Un débat tendu s’engagea entre assimilationnistes et sionistes. Le sionisme sera rapidement assimilé comme étant un " " instrument " des visées de l’impérialisme anglais " 24, puis américain. Le débat se déplaça sur le terrain de l’anticolonialisme, dénonçant " la colonisation sioniste impérialiste " 25 et Israël comme une " base avancée des Etats-Unis au Proche-Orient " 26.

A la sortie de la Grande Guerre, l’antisémitisme était devenu un peu plus discret jusqu’à ce qu’une menace planant sur l’Europe vienne engendrer une nouvelle famille politique, le pacifisme intégral, qui fit " preuve d’incompréhension à l’égard de la nouveauté et de la spécificité du nazisme "27 devenant une force antisémite hétérogène au sein des organisations de gauche, accusant les Juifs – " apatrides " - à la fois de pousser à la guerre contre Hitler et d’être les responsables de l’antisémitisme. Ces pacifismes intégraux accuseront également les antifascistes d’être des bellicistes (mais non pas Mussolini, Franco, Salazar, Hitler). La fin de la Seconde guerre mondiale connu un mélange de dégoût, d’abasourdissement et de rancoeurs. L’heure était à l’épuration confuse et à l’" occultation relative du génocide au profit de deux autres mémoires (…), celles de la Résistance et de la déportation " 28. On trouvait à gauche encore de l’antisémitisme au sein de la SFIO ou au PCF qui, chez ce dernier, s’alignait directement sur la ligne soviétique telle quelle fut vécue lors du procès stalinien dit des " blouses blanches ". Ce moment d’antisémitisme communiste remplaça subtilement " la désignation de juif par celle de sioniste " 29 sans être soupçonné d’antisémitisme.

Restructuration de l’antisémitisme

Dans les années soixante, alors que des structures pacifistes et anarchistes furent relativement négligeantes avec des sympathisants que l’on désigna comme " révisionnistes ", une partie de l’ultra-gauche (La Veille Taupe, etc.) prit fait et cause avec l’idéologie " négationnisme " (Robert Faurisson, etc.), niant l’existence des chambres à gaz ( ce " mensonge ", cette " invention ", cette " imposture politico-financière ") et ce que l’on a nommé l’Holocauste ou Shoah. Auschwitz servirait d’alibi à Israël pour justifier sa création et son existence sur la base de l’idéologie sionisme, " phénomène colonial [qui] a fondé un État sur des terres spoliées " 30. La question de l’antifascisme est vu chez cette fraction de l’ultra-gauche comme " un mensonge idéologique et politique qui a permis au capitalisme de se maintenir au terme du conflit " 31 permettant " à la bourgeoisie de paralyser le prolétariat " 32 le détournant de son action révolutionnaire. L’antisémtisme circula progressivement du négationnisme, voué à un rôle marginal, à l’antisionisme dont l’audience, plus importante, traverse même aujourd’hui les partis politiques, les syndicats, les associations, etc.

Au terme de cet ouvrage, Michel Dreyfus déplace la problématique de l’antisémitisme vers la question du couple sionisme/antisionisme et demande si " les critiques énoncés par la gauche et surtout l’extrême-gauche, ainsi que leur soutien à la cause palestinienne [seraient] parfois entachés d’antisémitisme ? "33 ou feraient " des concessions à l’antisémitisme " 34 ? Si les positions des acteurs politiques des gauches ont été variées, et Michel Dreyfus a su sélectionner des pages historiques le démontrant, on peut être un peu surpris qu’à l’énoncé de quelques noms médiatiques jouant sur des positions plus ou moins ambiguïté d’antisionisme/antisémitisme l’auteur en conclu au " caractère marginal de cet antisémitisme " 35. Ne pourrait-on se fier, ici aussi, au diagnostic que l’auteur énonçait quelques pages plus haut, à savoir que l’ " on sait mal ce qui se dit chez les simples militants, mais les propos tenus par ces responsables nationaux reflètent certainement ce qui ce formule encore plus ouvertement à la base " 36 ? Une étude de terrain (manifestations, meetings, etc.) sur plusieurs années, à la base, aurait été la bienvenue dans cet ouvrage pour compléter ce que l’auteur à pu recueillir de seconde main (journaux, livres, mémoires, thèses). Si aux dix-neuf ème siècle, à la sortie de l’Affaire Dreyfus, " rarissime sont (…) ceux qui, à gauche, se réclament ouvertement de l’antisémitisme : ceux qui continuent de le défendre de manière détournée prennent toujours la précaution d’affirmer qu’ils ne sont pas antisémites " 37, pourrait-il aussi en être de même à notre siècle ? Minoritaire ou peu représentatif, Michel Dreyfus a bien compris que " la diffusion restreinte de certains organes de gauche où s’est exprimé une parole antisémite ne doit pas faire oublier qu’ils ont eu une audience plus large " 38 et que " la gauche n’a aucune garantie de ne pas succomber à un moment ou un autre au piège de l’antisémitisme. La possibilité demeure que réapparaisse dans ses rangs des manifestations de ce courant, sous des formes que personne n’est en mesure de prévoir aujourd’hui " 39. Cette possibilité n’est-elle déjà pas en action ? .

Notes : 1 - p. 11 2 - p. 22 3 - p. 24 4 - p. 32 5 - p. 280 6 - p. 21 7 - p. 22 8 - p. 29 9 - p. 30 10 - p. 30 11 - p. 31 12 - p. 32 13 - p. 36 14 - p.67 15 - p. 77 16 - Leonty Soloweitschik, Un prolétariat méconnu. Étude sur la situation sociale et économique des ouvriers juifs, Thèse pour le doctorat de sciences économiques soutenue à l’U.L.B. le 29 mars 1898 17 - Que l’on pense aux changements chez un Zola ou un Jaurès 18 - p. 86 19 - p. 101 20 - p. 117 21 - p. 128 22 - p. 134 23 - p. 146 24 - p. 172 25 - p. 247 26 - p. 259 27 - p. 157 28 - p. 185 29 - p. 207 30 - p. 241 31 - p. 231 32 - p. 232 33 - p. 245 34 - p. 246 35 - p. 263 36 - p. 160 37 - p. 281 38 - p. 288 39 - p. 290

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Extrême gauche/Extrême droite. Inventaire de la confusion

Message  Newo le Mer 14 Sep - 11:43

Extrême gauche/Extrême droite. Inventaire de la confusion (9)
Quelques mots et expressions de l’extrême droite
publié par Yves, le lundi 12 septembre 2011

Affinités trans­ver­sa­les : terme uti­lisé par Alain de Benoist pour qua­li­fier les conver­gen­ces entre cer­tains indi­vi­dus d’extrême droite et d’extrême gauche. Dans un arti­cle, ce théo­ricien de la Nouvelle Droite rap­pelle qu’il mani­festa au pre­mier rang d’une mani­fes­ta­tion contre la guerre du Golfe aux côtés de Henri Krasucki (CGT) et Alain Krivine (LCR), le 12 jan­vier 1991, et que le Parti com­mu­niste finança Jean-Edern Hallier pour qu’il aille inter­vie­wer… Fidel Castro pen­dant « dix heures » (? !), entre­tien qui fut publié dans le quo­ti­dien sta­li­nien le 23 juillet 1990. Deux exem­ples de sinis­tres conver­gen­ces.

Barbus : expres­sion mép­ris­ante uti­lisée par l’extrême droite, cer­tains liber­tai­res et cer­tains gau­chis­tes pour désigner les musul­mans qui prét­endent res­pec­ter à la lettre le Coran. Vu le système pileux de Marx, Engels, Bakounine, Proudhon, Castro, Guevara et de nom­breu­ses autres icônes révo­luti­onn­aires, cette appel­la­tion est plutôt ridi­cule dans la bouche de gau­chis­tes ou d’ultra­gau­ches.

Bien-pen­sance : on trouve de plus en plus cette expres­sion dou­teuse sous la plume de l’extrême droite mais aussi de cer­tains indi­vi­dus d’extrême gauche ou liber­tai­res. Elle pro­vient d’une réaction com­préh­en­sible contre le poli­ti­que­ment cor­rect (« PC »), censé venir de la gauche (en fait, his­to­ri­que­ment, le « PC » est né dans la droite conser­va­trice amé­ric­aine, même s’il a migré et trans­muté à gauche). En général, un indi­vidu parle de « bien-pen­sance » quand il veut déf­endre la liberté d’expres­sion de tel ou tel négati­onn­iste, ou cri­ti­quer l’assi­mi­la­tion cari­ca­tu­rale du FN au fas­cisme.

Double natio­na­lité : les anti­sio­nis­tes d’extrême droite et d’extrême gauche dén­oncent sou­vent la double natio­na­lité de nom­breux Israéliens (argu­ment « de gauche » pour prou­ver que les colons israéliens d’ori­gine amé­ric­aine ou franç­aise, par exem­ple, ne seraient pas des Juifs pales­ti­niens « de souche ») et des Juifs de la Diaspora (argu­ment de droite pour expli­quer que les Juifs sont d’incu­ra­bles apa­tri­des désireux de domi­ner le monde).

Europe : après l’échec des putsch de l’OAS et le départ de l’armée franç­aise d’Algérie, une partie de l’extrême droite décida de se res­sour­cer dans le mythe européen. C’est ainsi que Rivarol écrivait le 4 juin 1964 : « La nation franç­aise est morte en même temps que l’Algérie franç­aise (…). Il faut faire la nation europé­enne pour créer la pro­vince France. » On retrouve la même idée, en plus lyri­que et méga­lo­man­iaque, dans un docu­ment de la Fédération des étudiants natio­na­lis­tes, « Le mani­feste de la classe 60 » qui croit voir en la France « le creu­set de l’ethnie europé­enne », capa­ble de redres­ser la « civi­li­sa­tion europé­enne », de « rétablir son empire » et de « réguler le monde ». Ou dans les écrits des « Jeunes de l’esprit public » influencés par Jean Mabire en 1963 : « La puis­sance d’une France hexa­go­nale est ridi­cule à la fin du XXe siècle par rap­port aux gran­des puis­san­ces mon­dia­les. Sous peine d’être absorbée par le bloc amé­ricain ou sovié­tique, nous devons nous dép­asser. Notre volonté europé­iste doit subli­mer notre natio­na­lisme français en un patrio­tisme européen. La fin de la guerre d’Algérie a fait de nous les pre­miers patrio­tes européens. »

Pas étonnant donc, qu’en ce XXIe siècle tant de grou­pes fas­cis­tes aient rem­placé le mot « natio­nal » ou « patriote » dans leur appel­la­tion par le terme « européen ». Et les natio­na­lis­tes-révo­luti­onn­aires de Troisième Voie sont très clairs quand ils se déc­larent en faveur de « l’affir­ma­tion de l’Europe comme modèle et puis­sance » en 1985. L’Europe-puis­sance, l’impé­ral­isme européen tel est dés­ormais leur pro­gramme. Quant au Front National, il considère que la France est le « pivot sta­ti­que de l’Europe » et Paris le « pivot de l’Occident ».

Immigrétisme : terme uti­lisé par cer­tains ultra­gau­ches et par l’extrême droite qui dén­once « l’immi­grét­isme » sup­posé de la gauche morale et de l’extrême gauche. Cette cri­ti­que se prés­ente comme une déf­ense du prolét­aire « gau­lois », « petit Blanc » contre une prét­endue pré­fér­ence gau­chiste aux immi­grés. En réalité, l’extrême gauche mili­tante est fort peu implantée dans les milieux de l’immi­gra­tion (il suffit de voir la com­po­si­tion de ses cadres et diri­geants) et pas du tout dans les quar­tiers à forte concen­tra­tion étrangère. Il y a donc confu­sion volon­taire entre les effets de manche anti­ra­cis­tes des grou­pes d’extrême gauche dans leur presse, et une pra­ti­que de ter­rain qua­si­ment inexis­tante. Ce sont sur­tout les asso­cia­tions (laïques ou pas) qui occu­pent le ter­rain de la déf­ense des droits de l’immi­gra­tion, et non l’extrême gauche. Quant aux syn­di­cats et partis de gauche, ils signent les com­mu­ni­qués des mani­fes­ta­tions et mani­fes­tes anti­ra­cis­tes, mais leur action en faveur de l’exten­sion réelle des droits des immi­grés est mini­ma­liste.

Métapolitique
: mot sophis­ti­qué pour désigner le combat cultu­rel mené par la Nouvelle Droite, et qui a consisté à tenter de récupérer des concepts empruntés à la gauche, et à se réc­lamer de Debord, Foucault, Deleuze, Guattari, Marx, Lénine, Babœuf, Blanqui, Proudhon, etc.

Métissolâtrie : terme uti­lisé par l’écrivain réacti­onn­aire antisé­mite et xénop­hobe Renaud Camus, les Identitaires, les « laïcs catho­li­ques » du site Le Salon beige et les sites du Front natio­nal. On le trouve aussi sous la plume d’un gau­chiste sur le site de Denis Collin sans que cela ait pro­vo­qué la moin­dre réaction de ce « marxiste ».

Mondialisme : terme uti­lisé par l’extrême droite pour désigner tout ce qu’ils dét­estent (les Juifs, les francs-maçons, les immi­grés, les mul­ti­na­tio­na­les amé­ric­aines, l’influence cultu­relle « yankee », etc.). Les créateurs (d’extrême gauche) du site mon­dia­lisme.org (auquel la revue Ni patrie ni fron­tières par­ti­cipe depuis neuf ans) vou­lu­rent repren­dre ce terme à leur compte pour le retour­ner contre les fas­cis­tes et créèrent un éphémère Réseau mon­dia­liste révo­luti­onn­aire, le terme inter­na­tio­na­liste leur sem­blant peu clair et gal­vaudé par les cou­rants sta­li­niens. Et ils ne sont pas les seuls à penser que le terme mon­dia­lisme est plus adéquat que celui d’inter­na­tio­na­lisme. Un cama­rade, qui a lu ce petit lexi­que avant sa paru­tion, m’a en effet écrit : « C’est, selon moi, un terme qui prend aujourd’hui tout son sens alors que le cadre natio­nal est une pas­se­relle étin­cel­ante entre extrême gauche et extrême droite, que les luttes de libé­ration natio­nale n’ont plus aucun caractère éman­ci­pateur et que conséqu­emment l’inter­na­tio­na­lisme n’est plus qu’une vieille car­casse empoi­sonnée. »

Néanmoins, je pense que, si j’avais connu l’usage de ce terme par l’extrême droite à l’époque, j’aurais sans doute pro­posé de rebap­ti­ser ce site commun à plu­sieurs revues d’« ultra­gau­che ».

http://mondialisme.org

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Re: Politiques extrêmes

Message  Newo le Mer 14 Sep - 11:45

National-bol­che­visme

Ce cou­rant est né d’abord autour d’une ten­dance exclue du KAPD en mai 1920 implantée à Hambourg et représenté par Fritz Wolffheim (1888-1942) et Heinrich Laufenberg (1872-1932).

Elle par­tait du pos­tu­lat que la révo­lution n’était pas pos­si­ble imméd­ia­tement, ou plus exac­te­ment que « la dic­ta­ture du prolé­tariat ne peut s’impo­ser en une fois » et que celui-ci doit agréger les autres cou­ches ou clas­ses (sauf la grande bour­geoi­sie) der­rière son pro­gramme dans lequel il faut tenir compte des com­mu­nautés de lan­gage, de culture et du fait natio­nal. Cette prise en considé­ration de la nation fut la porte d’entrée vers une évo­lution vers la droite, tout en par­ti­ci­pant à la révo­lution de Novembre 1918, à la for­ma­tion des conseils (Laufenberg était pré­sident du conseil de Hambourg), à la création du KPD puis du KAPD. Par la suite, Wolffheim évolua de plus en plus vers le natio­na­lisme alle­mand, la déf­ense de la ger­ma­nité dont le représ­entant devait être la classe ouvrière, autour de laquelle se bâtirait la « com­mu­nauté popu­laire ». Il rejoi­gnit les nazis en ani­mant dans le NSDAP des petits cer­cles de « gauche ». Après 1934, il sera exclu du parti nazi puis empri­sonné dans un camp de concen­tra­tion en 1938 où il mourra en 1942.

Comment des mili­tants ouvriers formés, par­ti­ci­pant à des luttes radi­ca­les en novem­bre 1918 et jusqu’au prin­temps 1920, ont-ils pu deve­nir, sur­tout Wolffheim, les concep­teurs du natio­nal-bol­che­visme ?

A la fois à cause de leur pra­ti­que col­lec­tive, de leur tra­jec­toire per­son­nelle et de l’accé­lé­ration de l’his­toire qu’a cons­ti­tué d’abord la Première Guerre mon­diale puis la pér­iode révo­luti­onn­aire 1918-1921. Le mou­ve­ment ouvrier d’avant 1914 y com­pris son extrême gauche déf­endait une ana­lyse plus que som­maire de ladite ques­tion natio­nale. Les posi­tions oscil­laient entre la déf­ense de la nation (dans ce cas les mili­tants les plus convain­cus quit­taient sou­vent la social-démoc­ratie pour former des partis socia­lis­tes natio­naux) et sa négation dans la situa­tion du capi­ta­lisme actuel et sous le socia­lisme, mais il n’exis­tait pas de com­préh­ension élaborée du phénomène contra­dic­toire que représ­ente l’influence du natio­na­lisme dans la classe ouvrière.

Pendant ce temps-là, les diri­geants de la social-démoc­ratie, sur­tout du SPD, s’intégraient tota­le­ment à la nation et à l’Etat en lui don­nant de plus en plus de gages. Le der­nier gage qu’ils donnèrent à la bour­geoi­sie fut le vote des crédits de guerre et le sou­tien à l’Union natio­nale dans tous les pays. Le fait que des mil­lions d’ouvriers par­ti­cipèrent, au début avec enthou­siasme, à la Première Guerre mon­diale bou­le­versa plus d’un mili­tant.

En réaction contre la « tra­hi­son » du SPD, la haine des fon­de­ments théo­riques du mou­ve­ment social-démoc­rate, assi­milés à tort à un « marxisme » ou plus exac­te­ment à un « ouvriér­isme » acri­ti­que, poussa Wolffheim à remet­tre en cause le prolé­tariat comme agent de la trans­for­ma­tion révo­luti­onn­aire pour le compte de l’Humanité. (Selon Laufenberg « Toute classe domi­nante cher­che à prés­enter ses intérêts comme ceux de la tota­lité, le Prolétariat comme la Bourgeoisie, mais à plus juste titre puisqu’il représ­ente la “majo­rité de la société” . »)

Constatant ensuite que la situa­tion issue de la révo­lution issue de Novembre 1918, si elle avait ren­versé la monar­chie n’avait pas été, capa­ble d’aller plus loin, comme le mon­trait l’écra­sement des insur­rec­tions à Berlin (jan­vier puis mars 1919), à Brême et à Brunswick (jan­vier 1919) en Bavière (avril-mai 1919) et que le SPD n’était fina­le­ment que peu ébranlé et que le Grand Soir n’était pas pour tout de suite, cer­tains mili­tants en vin­rent à penser qu’il fal­lait nouer des allian­ces (tout en lais­sant, en prin­cipe, un rôle diri­geant à la classe ouvrière) et trou­ver un nou­veau « réc­ep­tacle » à la com­mu­nauté de lutte : la nation. Le reflux du mou­ve­ment révo­luti­onn­aire en Allemagne lors de la deuxième ten­ta­tive dans la Ruhr (mars-mai 1920), la grou­pus­cu­la­ri­sa­tion du KAPD dès 1921, la dis­pa­ri­tion des Unions ne pou­vaient que pré­ci­piter l’évo­lution vers le natio­nal-bol­che­visme.

1923

Ce cou­rant était mino­ri­taire au sein du KAPD mais il influença ensuite l’Internationale com­mu­niste et sur­tout son représ­entant en Allemagne, Karl Radek . En effet, au moment de l’occu­pa­tion de la Ruhr par l’armée franç­aise en 1923, Radek sou­tint la « ligne Schlageter » (du nom d’un ancien offi­cier des corps francs, orga­ni­sa­teur de grou­pes de sabo­tage, arrêté en mai 1923 jugé par l’armée franç­aise et fusillé le 23 mai 1923 ). Selon cette « théorie », à cause des conséqu­ences du Traité de Versailles, l’Allemagne vain­cue n’était plus impér­ial­iste mais deve­nait une « nation prolét­aire » ; la classe ouvrière pou­vait passer des allian­ces sinon avec la bour­geoi­sie du moins avec des cou­rants natio­na­lis­tes. Les vrais res­pon­sa­bles des mal­heurs des ouvriers alle­mands, les vrais enne­mis deve­naient les capi­ta­lis­tes de l’Entente. Le quo­ti­dien du KPD, Die Rote Fahne, annonça ainsi la nou­velle ligne : « Le parti com­mu­niste doit dire très clai­re­ment aux masses natio­na­lis­tes de la petite bour­geoi­sie et aux intel­lec­tuels que seule la classe ouvrière, après sa vic­toire, pourra déf­endre la terre alle­mande, les trésors de la culture alle­mande et l’avenir de la nation. » (13 mai 1923).

Cette poli­ti­que de la « main tendue » du KPD ira assez loin puis­que qu’Hermann Remmele, député com­mu­niste au Reichstag, se fera accla­mer à Stuttgart dans une réunion nazie. Quelques jours plus tard, dans un mee­ting com­mu­niste à Stuttgart, Remmele invita à s’expri­mer un nazi « venu plai­der devant des mil­liers de mili­tants pour une trêve entre le KPD et le NSDAP d’Hitler ». Remmele « alla jusqu’à affir­mer qu’une alliance avec les natio­naux-socia­lis­tes pour abat­tre le capi­ta­lisme lui parais­sait moins blâmable qu’avec les sociaux-démoc­rates ».

Cette « ligne Schlageter » annonçait les revi­re­ments tac­ti­ques radi­caux qui devien­dront systé­ma­tiques durant les années sui­van­tes. L’Internationale com­mu­niste aban­donna cette posi­tion dès la fin sep­tem­bre 1923 et le KPD s’exé­cuta. Selon la nou­velle ligne, « l’offen­sive [était] à l’ordre du jour », offen­sive qui se conclura par la lamen­ta­ble insur­rec­tion ratée de Hambourg en octo­bre 1923.

Pourquoi cette poli­ti­que de l’Internationale com­mu­niste fut-elle relayée par le KPD ?

Depuis le traité de Rapallo (16 avril 1922) , l’Allemagne vain­cue était la seule alliée et le seul par­te­naire éco­no­mique de l’URSS. L’occu­pa­tion de la Rhénanie permit à l’URSS d’hono­rer ses enga­ge­ments en uti­li­sant les mili­tants du KPD comme pions sur l’échiquier diplo­ma­ti­que. Mais une partie des mili­tants du KPD (beau­coup d’entre eux étaient hos­ti­les à cette ligne sans jamais s’y oppo­ser, d’où ensuite, le virage d’octo­bre 1923 pour donner des gages à cette oppo­si­tion et aussi éli­miner quel­ques énervés) sou­tin­rent ce natio­nal-bol­che­visme parce que la cri­ti­que du natio­na­lisme était loin d’être systé­ma­tique au sein du Parti et que le concept d’impér­ial­isme uti­lisé à toutes les sauces per­met­tait de dédo­uaner toutes les bour­geoi­sies « fai­bles » de l’oppres­sion de « leurs » clas­ses ouvrières.

L’intermède (1923-1933)

Jusqu’à la crise de 1929-1931, les natio­naux-bol­che­vi­ques ne furent orga­nisés que dans des cer­cles ou des grou­pus­cu­les ten­tant une impos­si­ble syn­thèse entre un « marxisme » poli­ti­que et éco­no­mique et la « nation ». Marginaux, ils ne béné­fic­ieront pas d’afflux de nou­veaux mem­bres suite à la crise de 1929. A l’arrivée d’Hitler au pou­voir, la plu­part pas­se­ront dans la clan­des­ti­nité contre le régime.

Les prét­endues réus­sites du plan quin­quen­nal en URSS fai­saient l’admi­ra­tion tant de cer­tains offi­ciers et sous-offi­ciers alle­mands que de milieux indus­triels, sur­tout chez les ingénieurs qui y admi­raient la vic­toire de la ratio­na­lité tech­ni­que sur l’anar­chie du marché et la pos­si­bi­lité d’y dével­opper un « monde nou­veau ». Même les nazis comme Hitler et Goebbels admi­raient la dis­ci­pline et les mét­hodes d’orga­ni­sa­tion du KPD et la force sym­bo­lisée par l’URSS sta­li­nienne. Ce qui condui­sit le NSDAP à copier cer­tai­nes mét­hodes d’orga­ni­sa­tion et d’enra­ci­ne­ment dans les quar­tiers ouvriers jusque-là « tenus » par le SPD ou le KPD. Quant à la ten­dance de « gauche » du NSDAP, représentée par les frères Strasser influents dans le syn­di­cat nazi, le NSBO, ils vou­laient que les ouvriers des trois partis fas­sent front ensem­ble contre les patrons et la réaction. Dans l’expres­sion « natio­nal-socia­lisme », ils s’intér­essaient davan­tage au socia­lisme qu’au natio­na­lisme.

En revan­che, pour ce qui concerne le KPD et le NSDAP, tout en conti­nuant à mener des affron­te­ments de rues meur­triers (une cen­taine de morts par an dans les deux camps entre 1930 et 1933) , de nom­breux mili­tants, notam­ment parmi les chômeurs, firent la navette entre les deux partis. Au niveau natio­nal, en 1932, appli­quant systé­ma­tiq­uement la poli­ti­que « classe contre classe » de l’Internationale com­mu­niste, le KPD passa plu­sieurs accords avec le NSDAP contre le SPD tant au Reichstag qu’au par­le­ment de Prusse. Lorsque le NSDAP entre­prit un « tour­nant de gauche » pour conquérir les ouvriers des gran­des usines, les ouvriers mem­bres du NSBO mais aussi des SA par­ti­cipèrent acti­ve­ment à la grève et se firent pho­to­gra­phier aux piquets de grève, lors du conflit qui toucha les trans­ports publics de Berlin (du 2 au 7 novem­bre 1932) et concer­nait 38 000 sala­riés . Ce tour­nant « ouvrier » n’ayant pas été un succès fut rapi­de­ment aban­donné par le NSDAP. Evidemment, après l’arrivée d’Hitler au pou­voir, les réc­al­citrants furent invités à la fermer au sein du NSDAP ou du NSBO, puis, lors de « la nuit des Longs cou­teaux » (juin 1934), le régime éli­mina phy­si­que­ment ceux qui ne vou­laient pas obéir à la nou­velle ligne.

Tentative de conclu­sion

Les grou­pes ou cou­rants natio­naux-bol­che­vi­ques sont tou­jours restés mar­gi­naux, dans la pér­iode considérée, sur le plan orga­ni­sa­tion­nel (à l’excep­tion du groupe d’Otto Strasser, la « Communauté de combat natio­nale-socia­liste » fondée en juillet 1930 ; elle per­dura jusqu’en mars 1933, regrou­pant entre 10 000 et 20 000 mili­tants dont un quart fini­rent au KPD) mais leurs « études » théo­riques nour­ri­rent une partie des mili­tants du NSDAP, voire du KPD, et per­mi­rent des trans­ferts.

N’accor­dons cepen­dant pas trop de « puis­sance » à ces grou­pus­cu­les. C’est l’échec de la révo­lution en 1919, l’impuis­sance de la répub­lique de Weimar et les conséqu­ences de la crise de 1929-31 qui ont été les causes de ces interpé­nét­rations. Et si l’on veut rester sur le ter­rain des gran­des for­ma­tions poli­ti­ques de l’époque et de leur « pro­pa­gande » vis-à-vis des ouvriers ainsi que des rai­sons de la par­ti­ci­pa­tion des ouvriers nazis aux grèves sau­va­ges de l’automne 1932, on est obligé de cons­ta­ter que des « poro­sités » bien plus impor­tan­tes exis­taient. En effet, si les ouvriers nazis grév­istes étaient sincè­rement, en tant qu’ouvriers, favo­ra­bles à la lutte, ils ne représ­entaient que l’expres­sion la plus radi­cale, dans les rangs ouvriers, de la ten­dance per­ma­nente au natio­na­lisme, c’est-à-dire la déf­ense, dans le cadre d’un Etat, de leur condi­tion. Cette déf­ense pou­vant s’expri­mer de façon vio­lente tant contre les patrons que contre d’autres ouvriers (orga­nisés ou pas). Mais ce natio­na­lisme était éga­lement, sous de faus­ses appa­ren­ces, l’apa­nage du SPD et du KPD.

Mouvement com­mu­niste.

Note de Ni patrie ni fron­tières : Les natio­naux-bol­che­viks actuels comme Robert Steuckers et Guillaume Faye se réc­lament de Mao, Pol Pot, Enver Hoxha et Kadhafi, d’un côté, Thiriart, Degrelle, Freda, Niekisch et Evola, de l’autre.

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Re: Politiques extrêmes

Message  Newo le Mer 14 Sep - 11:48

Nazisionisme, sio­na­zis, judéo­nazis, etc. : expres­sions nées dans l’URSS sta­li­nienne, puis exportées à l’extrême droite et à l’extrême gauche. L’emploi de ce type de com­pa­rai­sons trahit sou­vent l’antisé­mit­isme de ses auteurs, même si ceux-ci se cachent der­rière les propos du phi­lo­so­phe israélien Yeshaou Leibowitz qui l’uti­lisa fréqu­emment, mais du tout pas avec les mêmes inten­tions que les fas­cis­tes ou que les gau­chis­tes qui le citent fréqu­emment . L’arti­cle 19 de la charte de l’OLP considérait le mou­ve­ment sio­niste comme « fas­ciste dans ses objec­tifs et ses moyens » ; quant à la ver­sion révisée en 1968, elle affirme que le sio­nisme est « fas­ciste dans ses mét­hodes ».

On trouve dans la presse d’extrême gauche ou liber­taire anglo-saxonne, notam­ment sous l’impul­sion du trots­kyste Lenni Brenner et de son livre Zionism in the Age of the Dictators (que l’on peut lire en anglais sur le site marxists.org), de nom­breu­ses allu­sions à la col­la­bo­ra­tion pra­ti­que entre des « sio­nis­tes » et les nazis avant et durant la Seconde Guerre mon­diale. On retrouve, dans les arti­cles du négati­onn­iste-antisé­mite Robert Faurisson, les mêmes cita­tions de cri­ti­ques viru­len­tes du sio­nisme extrai­tes du Journal de Victor Klemperer ou des écrits d’Hannah Harendt, tous deux Juifs.

Il nous est impos­si­ble d’abor­der ces ques­tions his­to­ri­ques com­plexes en quel­ques lignes. Nous nous conten­te­rons donc d’affir­mer que le nazisme était un phénomène his­to­ri­que tota­le­ment nou­veau, sur lequel les débats font encore rage, 70 ans après sa dis­pa­ri­tion. Certes, Hitler avait annoncé ses inten­tions d’expul­ser les Juifs d’Allemagne dès Mein Kampf, mais sans donner plus de pré­cisions sur les moyens qu’il emploie­rait. Quiconque connais­sait l’his­toire des Juifs (mar­quée par des siècles de persé­cutions, de mas­sa­cres et de pogro­mes) aurait pu et dû prévoir que la venue au pou­voir d’un homme poli­ti­que qui se qua­li­fiait lui-même dès 1923 d’« antisé­mite fana­ti­que » allait être accom­pa­gnée d’un for­mi­da­ble déch­aînement de vio­lence contre les Juifs . Beaucoup de Juifs, « sio­nis­tes » ou pas, ne virent pas la catas­tro­phe arri­ver. Face au phénomène inédit qu’était le nazisme, ni les gran­des « démoc­raties » bour­geoi­ses occi­den­ta­les, ni la social-démoc­ratie, ni l’Internationale com­mu­niste (sta­li­nienne), ni les mou­ve­ments anar­chis­tes ou trots­kys­tes de l’époque, ni l’Eglise catho­li­que (pour­tant très bien informée), ni les Eglises pro­tes­tan­tes ne virent venir le judéo­cide. Quand ils en appri­rent les pre­mières mani­fes­ta­tions, aucun Etat, aucune Eglise, aucun Parti ne décida de mener une cam­pa­gne inter­na­tio­nale de masse contre le judéo­cide, ni sur le plan poli­ti­que, ni sur le plan mili­taire.

Devant une telle cécité et une telle lâcheté poli­ti­ques géné­ralisées, il est pour le moins aber­rant de se déchaîner aujourd’hui contre les ten­ta­ti­ves de cer­tains « sio­nis­tes » de Palestine ou d’ailleurs de négocier, y com­pris contre finan­ces, avec l’Allemagne nazie afin de sauver des vies juives – aussi sor­di­des qu’aient été ces négoc­iations ou les cal­culs de part et d’autre. Et c’est encore plus aber­rant quand on sait que les ancêtres poli­ti­ques des mili­tants trots­kys­tes, ultra­gau­ches ou anar­chis­tes n’ont fait preuve d’aucune luci­dité poli­ti­que par­ti­cu­lière à ce sujet, ni rien pro­posé pour mettre fin au judéo­cide ! Mettre sur le même plan les géno­cid­aires nazis et les « sio­nis­tes », toutes ten­dan­ces confon­dues, est donc une cra­pu­le­rie, pure­ment et sim­ple­ment.

Ce rappel de quel­ques exem­ples de « col­la­bo­ra­tion » entre sio­nis­tes et nazis repose sur des faits his­to­ri­ques incontes­ta­bles mais qui ne sont jamais remis dans leur contexte. Il ne sert qu’à intro­duire le refrain trop connu sur « les persécutés deve­nus persé­cuteurs » (titre de l’arti­cle d’un com­mu­niste liber­taire por­tu­gais, João Bernardo, sur le site bré­silien http://pas­sa­pa­la­vra.info/?p=24723), refrain qui établit une res­pon­sa­bi­lité col­lec­tive inin­ter­rom­pue de tous les « sio­nis­tes » des années 30 à aujourd’hui. Ce rac­courci sim­pliste (les persécutés sont deve­nus des persé­cuteurs), quel que soit son habillage radi­cal (ultra­gau­che, trots­kyste, anar­chiste, anti-éta­tique, etc.), ne peut que faire le jeu de l’extrême droite et des antisé­mites, pour qui « sio­nis­tes » n’est qu’un mot codé pour Juifs [au sens de peuple(s) juif(s) ] et juifs (au sens reli­gieux).

« Nouvelles conver­gen­ces » : expres­sion uti­lisée par le néof­asc­iste Christian Bouchet pour caracté­riser la situa­tion depuis la fin de l’Union sovié­tique et les oppor­tu­nités qui s’ouvrent pour les néof­asc­istes.

Oligarchie : expres­sion employée par l’extrême droite comme par l’ultra­gau­che, voire chez Castoriadis. Elle permet, à l’extrême droite, de faire l’impasse sur la divi­sion de la société en clas­ses anta­go­nis­tes, ayant des intérêts matériels inconci­lia­bles et d’oppo­ser l’oli­gar­chie au peuple. Riposte Laïque dén­once « l’oli­gar­chie pseudo-répub­lic­aine ». Ce terme est très uti­lisé aussi en Amérique latine, à gauche et à l’extrême gauche, et va tou­jours de pair avec un appel à l’union natio­nale contre… « l’oli­gar­chie ».

Pays réel : pour l’extrême droite, partie de la popu­la­tion habi­tant sur le ter­ri­toire et censée, en raison de son ori­gine de sang et/ou de son appar­te­nance idéo­lo­gique (patrio­tisme, natio­na­lisme...ici on peut men­tion­ner les harkis, ou les « allogènes » mili­tant au sein de l’extrême droite), cons­ti­tuer la véri­table com­mu­nauté natio­nale. Ce concept impli­que qu’il exis­te­rait, à l’opposé, un « pays vir­tuel », formé de l’agrégat des popu­la­tions immi­grées qui se super­po­se­rait au noyau natio­nal. Par défi­nition non assi­mi­la­bles (hormis par le biais d’une adhésion idéo­lo­gique au natio­na­lisme, ce qui ne peut concer­ner qu’une faible mino­rité de leurs mem­bres), celles-ci sont immua­ble­ment iden­ti­fiées comme étrangères, même une fois natu­ra­lisées franç­aises. Car la légalité, façonnée la plu­part du temps par les « forces mon­dia­lis­tes anti­na­tio­na­les », n’est d’aucune valeur dans cette opti­que. C’est pour­quoi, le « pays réel » peut aussi être appréhendé comme l’anti­thèse du « pays légal », cet arti­fice pro­duit et jus­ti­fié par une lég­is­lation « anti­na­tio­nale » vieille d’au moins quatre déc­ennies, qui dis­si­mu­le­rait la pro­gres­sive « inva­sion mor­telle » de la France par les immi­grés. Du reste, cet anta­go­nisme ren­voie à celui que Maurras déc­rivait entre d’un côté le « pays légal », c’est-à-dire les ins­ti­tu­tions et les offi­ci­nes idéo­lo­giques du régime répub­licain, jaco­bi­niste et « au ser­vice des juifs », et de l’autre « le pays réel », ici vu comme la popu­la­tion labo­rieuse, « qui tra­vaille et qui vit ».

Le jour­nal que Léon Degrelle avait fondé en 1936 por­tait le nom de « pays réel ». Radio Courtoisie se prés­ente depuis des années comme la voix du « pays réel ».

GARAP

Police de la pensée anti­ra­ciste : expres­sion uti­lisée à l’extrême droite mais aussi chez cer­tains radi­caux ou ultra­gau­ches de salon.

Politiquement cor­rect : expres­sion à géométrie varia­ble. Elle ne recou­vre pas les mêmes posi­tions selon qu’elle est uti­lisée par Dieudonné, Guy Bedos, Jean-Marie Bigard, Pierre Desproges ou Marine Le Pen. Ceux qui dén­oncent la « dic­ta­ture du poli­ti­que­ment cor­rect » regret­tent sou­vent le « bon vieux temps » où l’on pou­vait rire en enten­dant des plai­san­te­ries racis­tes, antisé­mites, sexis­tes ou homo­pho­bes, sans que les per­son­nes visées puis­sent rép­ondre…. Le puri­ta­nisme ou le mora­lisme sont effec­ti­ve­ment pesants, mais la com­plai­sance ou le silence devant l’expres­sion directe des préjugés dis­cri­mi­na­toi­res sont-ils la solu­tion ?

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Re: Politiques extrêmes

Message  Newo le Mer 14 Sep - 11:56

Révisionnisme (en clair : Négationnisme) : selon l’his­to­rien N. Lebourg (op. cit.), on ne peut com­pren­dre la portée de la pro­pa­gande des Faurisson, Guillaume, et autres canailles « révisi­onn­istes », si l’on se foca­lise sur la seule négation de l’exis­tence des cham­bres à gaz ou les polé­miques sur le nombre de Juifs tués par les nazis. Pour lui, le rés­ultat le plus négatif et le plus dura­ble de la pro­pa­gande négati­onn­iste a été de dif­fu­ser l’idée lou­fo­que mais effi­cace que les Juifs domi­nent le monde, par l’intermédi­aire de l’Etat d’Israël et avec la col­la­bo­ra­tion des éléments les plus riches et puis­sants de la Diaspora qui mani­pu­le­raient les gou­ver­ne­ments occi­den­taux et les opi­nions publi­ques. Le ter­rain avait été préparé, à la suite de la guerre des Six Jours, par François Duprat qui com­prit très bien quel cock­tail effi­cace et détonant on pou­vait cons­ti­tuer en com­bi­nant anti­sio­nisme et négati­onn­isme. La méd­ia­ti­sation des idées de Faurisson à partir de 1978 accroîtra encore la confu­sion entre les argu­ments anti­sio­nis­tes de gauche et la pro­pa­gande négati­onn­iste d’extrême droite, grâce à un cer­tain nombre d’idiots utiles de l’anti­sio­nisme.

Révolution popu­laire : terme tou­jours uti­lisé par l’extrême droite et dés­ormais employé de plus en plus par l’extrême gauche qui a aban­donné le terme de révo­lution prolé­tari­enne et pré­fère dés­ormais cour­ti­ser les citoyen­nis­tes, les alter­mon­dia­lis­tes, les « Indignés », etc.

Shoatique, siono-shoa­ti­que, ou holo­caus­ti­que
: pour l’extrême droite il y aurait une « reli­gion », un « tabou », un « men­songe », un « racket » « holo­caus­ti­ques » : le sio­nisme. C’est ce que pen­sent aussi cer­tains indi­vi­dus comme Gilad Atzmon sou­te­nus par les trots­kys­tes du SWP bri­tan­ni­que ou par les anti­sio­nis­tes « de gauche » de la librai­rie pari­sienne « Résistances », mem­bres de la CAPJPO et d’Europalestine.

Totalitarisme mou, tota­li­ta­risme soft ou tota­li­ta­risme de la pensée : expres­sions que l’on retrouve sous la plume d’Alain Soral, Christian Bouchet (« Dans un monde où règne le tota­li­ta­risme mou, où les droits de l’homme sont l’unique référ­ence »), Alain de Benoist, Riposte Laïque et les post-situs.

Tradition : pour l’extrême droite, ciment d’un peuple, d’une race, d’une ethnie liée à son enra­ci­ne­ment dans un ter­ri­toire (c’est pour­quoi elle applau­dit Chevènement quand il vante l’« enra­ci­ne­ment concret des êtres »), à un âge d’or mythi­que, à des ancêtres dont il faut perpétrer le culte. L’extrême gauche n’uti­lise heu­reu­se­ment pas ce terme dans les pays du Nord. Par contre, en Amérique latine, elle cède de plus en plus aux sirènes de l’indigén­isme, en le parant de vertus assem­blé­istes, démoc­ra­tiques, voire com­mu­ni­san­tes, au nom d’une prise de cons­cience (tar­dive mais bien­ve­nue) des dis­cri­mi­na­tions racia­les et socia­les qui frap­pent les Indiens d’Amérique depuis des siècles. Il est à crain­dre que cette atti­tude acri­ti­que mène aux mêmes dés­il­lusions que les mou­ve­ments pour l’indép­end­ance natio­nale du XXe siècle dans le tiers monde. Ce n’est pas parce que l’on change la cou­leur de peau ou les phé­no­types des exploi­teurs, que l’exploi­ta­tion dis­pa­raît.

ZOG (Zionist Occupied Government) ou ZORG (Zionist Occupied Remote Government) : Cette expres­sion signi­fie litté­ra­lement : « gou­ver­ne­ment occupé par les sio­nis­tes » ou « gou­ver­ne­ment occupé et contrôlé à dis­tance par les sio­nis­tes ».

Peu uti­lisé en France sous cette appel­la­tion gros­siè­rement antisé­mite, ce pseudo-concept est en fait très rép­andu, sous d’autres formes plus consen­suel­les et moins connotées poli­ti­que­ment : Big Brother, le Système, le mon­dia­lisme, la Trilatérale, la mcworl­di­sa­tion du monde, le Groupe de Bilderberg, etc. Deux uni­ver­si­tai­res de Harvard – John Mearsheimer et Stephen M. Walt – qui prét­endent qu’un « lobby pro-israélien » dét­er­mine la poli­ti­que étrangère amé­ric­aine – écri­virent un arti­cle sur ce sujet qui fit le tour des sites d’extrême gauche et alter­mon­dia­lis­tes sans sus­ci­ter la moin­dre cri­ti­que, avant de publier un livre Le lobby pro-israélien et la poli­ti­que étrangère amé­ric­aine, tra­duit aux Editions La Découverte, maison de référ­ence pour la gauche franç­aise… Personne ne remar­qua que ces deux auteurs déf­endaient un point de vue iso­la­tion­niste, favo­ra­ble aux « véri­tables intérêts » de l’impér­ial­isme amé­ricain.

Il suffit de lire la majo­rité des arti­cles anti­sio­nis­tes dif­fusés sur le Net pour retrou­ver la même idée, dif­fusée par les nazis amé­ricains, le Ku Klux Klan, les mili­ces natio­na­lis­tes amé­ric­aines, etc., depuis des déc­ennies.

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Message  Newo le Ven 16 Sep - 20:21

Faux ami : Etienne Chouard en tournée


Décidément, les « Indignés » s’enfoncent[1]... L’arrivée à Paris de leur marche Madrid-Bruxelles ce 16 septembre sera marquée par une conférence du conspirationniste d’extrême droite aixois Etienne Chouard. Ce ne sera jamais que la deuxième fois en deux mois qu’ils le font intervenir sur un de leurs rassemblements, puisque leur branche marseillaise l’avait déjà convié à un débat le 14 juillet dernier.

Parallèlement, la section montpelliéraine des Amis du Monde diplomatique prévoit de convier le même Chouard à une conférence ce 22 septembre.

C’est que ce personnage, qui est entré en politique comme en religion au moment du référendum sur le TCE en 2005, a longtemps été une référence pour un grand nombre de militants soucieux de critiquer les institutions et séduits par son idée d’écrire une constitution « citoyenne ». Cependant, au fil des ans, Etienne Chouard a développé des amitiés et des idées qui font qu’on doit aujourd’hui le considérer comme un ennemi politique. Voici pourquoi, aux « Indignés » et à ceux qui l’invitent de prendre ensuite leurs responsabilités en connaissance de cause[2].

Dès la page de garde de son site « Le Plan C », Etienne Chouard annonce la couleur : c’est un conspirationniste de la pire espèce, en témoigne ce dessin de Jean-Pierre Petit (le physicien ami des petits hommes verts et du facho Jean Robin), reprise d’un dessin fait originellement par un conspirationniste américain, Peter Smell :

La liste des liens recommandés est elle aussi édifiante. Parmi quelques liens qu’on ne saurait suspecter d’accointances douteuses (le mélange des genres est un grand classique chez les conspirationnistes), toute la fachosphère et la conspisphère sont représentées dans ce qui est un véritable annuaire de la mouvance, avec entre autres : le Réseau Voltaire, Le Grand Soir, Mondialisation.ca, Enquête et Débat (Jean Robin), ReOpen911, Solidarité et Progrès (Jacques Cheminade), Oulala.net, Dedefensa.org, Bellaciao, l’UPR (François Asselineau), Debout la République (Dupont-Aignan), Alain Soral, Jean-Pierre Chevénement, Le Parti du vote blanc (animé entre autres par le briseur de grèves reopeniste Charles Aissani), Banksters.tv[3], etc.

D’autre part, Etienne Chouard a déjà donné une conférence pour ReOpen911 à Marseille le 28 janvier 2010 et pour la Communauté arabo-berbère de Marseille (Cobema) le 11 mai dernier. Or, il faut savoir qu’en dépit de son nom, cette association est une officine soralienne habituée à recevoir les pires réactionnaires et conspirationnistes qui Le Libre Penseur, Alain Soral, François Asselineau, Paul-Eric Blanrue, John Bastardi-Daumont (l’avocat du négationniste Robert Faurisson et de Dieudonné) et leur amie antisémite Claire Séverac, etc.

Une association qui a tout l’air d’être fantoche, «Culture libre», a par ailleurs été créée à Marseille pour organiser des tournées d’Etienne Chouard, filmer ses conférences etc. Au départ, cette association avait aussi pour vocation d’organiser des conférences de John Bastardi-Daumont. Une référence qui a disparu depuis de son site : trop sulfureuse ?

Les idées nauséabondes d’Etienne Chouard


Lors de réunions publiques récentes, Etienne Chouard a développé l’idée que des sujets tels que la peine de mort, l’avortement, les discriminations diverses ou la politique migratoire étaient secondaires, la priorité étant de changer les institutions. L’introduction du tirage au sort ou le développement du référendum comme mode de consultation démocratiques sont à ses yeux les remèdes aux crises que nous traversons. Ce qui est assez idiot : comment penser que ces seules mesures pourraient résoudre nos problèmes, si les dominations de classe persistent ?

Parfois présenté comme un « économiste » (il est en réalité professeur d’économie-gestion, droit fiscal et d’informatique dans le secondaire et est titulaire d’une maîtrise de droit), Etienne Chouard vit dans un « monde de Bisounours », pour reprendre une expression chère aux conspirationnistes pour discréditer le point de vue de leurs contradicteurs : selon lui, il faut viser l’idéal de l’agora grecque, qui aurait été en son temps une sorte de jardin d’Eden du débat politique, zone de médiation permettant de régler les conflits par le débat plutôt que la violence. Cette vision repose sur une version particulièrement idéalisée de l’histoire. En effet, la société athénienne n’était pas moins violente que les autres sociétés humaines et sa démocratie reposait largement sur l’esclavage et l’exclusion des étrangers libres, chargés de pourvoir aux besoins des citoyens qui ne pouvaient travailler pendant les débats (fort nombreux il est vrai). De plus, un certain nombre de citoyens, de part leur éloignement du centre, en étaient de fait exclus : c’est le cas par exemple des paysans vivant dans les marges de la cité, de même que les citoyens pauvres contraints de travailler pour vivre.

Toujours est-il que si cette vision idéalisée d’Athènes peut, pourquoi pas, servir de guide à un engagement politique, elle ne saurait cependant être confondue avec la réalité. Or, Etienne Chouard pense qu’il peut sereinement «dialoguer» avec tout le monde et que tout le monde (notamment fascistes et anti-fascistes) devrait faire de même. C’est perdre complètement de vue la question des conflits politiques et de la domination de classe dans lesquels s’inscrit pourtant nécessairement tout combat politique. Perdre de vue cette question ne peut que conduire à une totale inefficacité dans l’action.

Au mieux, Etienne Chouard est donc un dangereux naïf, au pire un militant d’extrême droite convaincu. En tout cas une chose est sûre : il n’a pas sa place dans les luttes sociales.

Des outils pour agir

- Vous pouvez protester de ces invitations auprès des «Indignés» facilement via leurs divers blogs et comptes Facebook (quoique ça ne serve sans doute pas à grand chose compte tenu de leur niveau d’infiltration par les fans de Chouard, constatable en parcourant leurs sites).

- Pour protester auprès des Amis du Monde diplomatique, c’est ici (les coordonnées sont sur le site de l’association) :

Daniel Berneron
Le Martinet
830, chemin Oulette 34700 Soubes
Tél. : 04 67 96 10 97
Courriel : amisdiplo34@laposte.net

Ou via Facebook (ou ils relaient d’ailleurs aussi les écrits de Michel Collon) :

http://fr-fr.facebook.com/pages/Les-Amis-du-Monde-Diplo...90642

[1]Les Indignés ont déjà accueilli en leur sein Zeitgeist, ReOpen911, des soraliens et divers autres mouvements douteux, comme l’a déjà abondamment relaté Indymedia Paris par exemple. Voir ici :

http://paris.indymedia.org/spip.php?article7120

et là :

http://paris.indymedia.org/spip.php?article7198

Au vu du contenu de leurs divers sites et blogs, notamment l’incroyable « Poètes indignés », il semble que le mouvement entier soit aujourd’hui gangrené. Même en Espagne, des pancartes anti-« nouvel ordre mondial » ont surgi dans les manifestations.

[2]Afin de ne pas leur faire de publicité, nous ne donnons pas les liens vers les sites cités ci-après. Néanmoins, ils sont très facilement trouvables via un moteur de recherche.

[3] Rappelons que le terme «bankster» (mélange de «banker» et «gangster») est une création du rexiste Léon Degrelle qui date de 1936, inventeur également des premiers meetings payants (une pratique extrêmement courue à l’extrême droite) puis fondateur pendant la guerre de la Légion Wallonie, unité belge de la Waffen-SS.

http://nantes.indymedia.org/

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Re: Politiques extrêmes

Message  Newo le Mar 20 Sep - 18:01


Convergence énergétique : mystiques et conspirationnistes au taquet



On le sait : le mouvement écologiste, et singulièrement sa frange décroissanciste, n’est pas du tout imperméable aux thèses conspirationnistes, voire aux discours fascisants. Une situation d’autant plus déplorable que jamais sans doute les luttes dont ces mouvements sont porteurs n’ont été aussi indispensables à l’avenir de l’humanité. Exemple ci-après.

Une équipe de la radio libre parisienne Fréquence Paris Plurielle (FPP, 106.3 FM) est allée couvrir le rassemblement anti-gaz de schiste dit « Convergence citoyenne pour une transition énergétique » qui a eu lieu à Lézan dans le Gard à la fin du mois d’août. C’est avec un grand étonnement qu’elle a découvert sur place un étrange mélange des genres : à côté des organisations institutionnelles telles que Greenpeace, la Criirad, etc., le groupe des « Guerriers de l’Arc-en-Ciel » (dit aussi « La Marche du Vivant ») occupait un rôle-clé dans la logistique. Or, les pratiques mystiques new-age et le caractère sectaire du fonctionnement de ce groupe ont tout de suite sauté aux yeux des membres de l’équipe radiophonique, alors que la présence de ces hippies new look ne semblaient pas poser de problème majeur aux militants locaux.

Parallèlement, les reporters de FPP relatent la présence massive d’autocollants du mouvement Zeitgeist, qui avait appelé ses membres à se rendre sur place peu de temps auparavant, lors de ses rencontres d’été. Il ont aussi pu rencontrer l’« ontologue » Frank Hatem, promoteur de l’« hyperscience », d’un moteur à mouvement perpétuel et auteur d’un livre récent sur la nécessité de combattre les « Illuminatis » et les « Reptiliens ». Bien évidemment, de petits médias conspirationnistes couvraient aussi l’événement.

Tout comme chez les « Indignés » et avec les mêmes conséquences, l’apolitisme était revendiqué, à tel point que les ultra-libéraux d’Alternative libérale ont aussi eu tribune libre en lieu et place de Fabrice Nicolino, qui a refusé de participer à la table ronde prévue avec ce petit parti (préférer Alternative libérale à Nicolino, il faut quand même le faire, pour un mouvement qui se veut écologiste). En toute logique, plusieurs personnes présentes sur place ont exprimé leur ouverture aux représentants de mouvements d’extrême droite et même à ceux des autorités répressives de l’Etat : la cause des gaz de schiste n’étant « pas politique », il n’y a aucune raison de refuser de s’allier avec ce genre d’individus.

Abasourdie par ce qu’elle a vu en l’espace d’un week-end, l’équipe de FPP a donc éprouvé le besoin de consacrer une émission entière à son débriefing, mêlant analyses sérieuses et interviews absurdes. Un moment radiophonique comme on les aime, non dénué d’humour malgré le sérieux du sujet traité.

A écouter sur Sons en luttes : FPP – Retour de Lézan
http://sonsenluttes.net/spip.php?article342

http://conspishorsdenosvies.wordpress.com/

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Re: Politiques extrêmes

Message  Newo le Ven 23 Sep - 20:08

Des fascistes infiltrent le rassemblement des Indignés, place de la Bastille à Paris
mis en ligne vendredi 3 juin 2011 par jesusparis

Après la présence de Zeitgeist, des larouchistes, de Reopen911 et divers autres groupes conspirationnistes ou mystiques sur leurs manifs du week-end dernier et du début de la semaine [1], les choses ne s’arrangent pas en matière d’infiltration par des groupes douteux du côté des « Indignés » parisiens. Des fascistes occupent à présent des positions-clé au sein de la commission « France » et se font applaudir par la foule. Ce jeudi soir, Yann Sarfati et Arnaud Varnier, deux des co-organisateurs du « bankrun 2010 » avec l’extrémiste de droite Géraldine Feuillien étaient présents à l’AG boulevard Richard Lenoir.

Ici on peut voir Yann Sarfati haranguer la foule :


Là son pote Arnaud Varnier. Il a indiqué qu’il était « passé chez Soral » et avait reconnu « des gens de chez Soral » dans la foule, ainsi que des militants NPA (ce qui est douteux). Il se félicitait apparemment de ce curieux mélange.


Pour rappel, Yann Sarfati est allé le 7 décembre dernier présenter son « bankrun » chez Taddei, aux côtés du « journaliste » de la radio Ici et Maintenant Pierre Jovanovic, bien connu pour ses prises de position conspirationnsites et d’extrême droite. Il a été félicité par le réactionnaire Thierry Ardisson et par le faux impertinent Bruno Gaccio et y a tenu des propos nationalistes. Dans le public ce jour-là, on pouvait apercevoir son copain Arnaud Varnier :





Sur son profil Facebook, Yann Sarfati affiche des centres d’intérêt sans ambiguïté : le site conspirationniste syti.net, le conspirationniste d’extrême droite américain Alex Jones, Zeitgeist Paris, les conspirationnistes soraliens de We Are Change, Radio Courtoisie, François Asselineau, Eric Zemmour, Michel Collon, « Si toi aussi tu es bien membré », « Les filles c’est comme les Big mac, c’est jamais comme sur les photos », « Le petit regard qui veut dire "baise moi comme une salope que je suis" », etc.

Rappelons que leur copine Géraldine Feuillien est (était ?) une militante active de Zeitgeist en Belgique, mais aussi une admiratrice patentée du conspirationniste Jean-Pierre Petit [2], de Marine Le Pen et du Suisse Oskar Freysinger de l’UDC (le parti à l’origine de la votation sur les minarets), comme elle l’indique sur son profil Facebook [3] .

Malgré ce profil plus que sulfureux, elle n’en reste pas moins une des meilleures amies de Sarfati, comme indiqué sur le forum du site officiel du « Bankrun » :



Tous ensemble (Sarfati, Feuillien, Varnier), ils viennent de lancer sur Facebook un appel à manifester à Bastille pour ce 5 juin, qui n’est encore rien d’autre qu’une grossière tentative de récupération politique :



Selon nos informations, la commission « France » est également infiltrée par des militants du mouvement souverainiste et nationaliste de François Asselineau, l’UPR (Union populaire républicaine).

Ce soir, on a aussi aperçu Politik-Myto [4], qui a lancé ce cri du cœur : « Oui, je suis conspirationniste ! Je suis une psychopathe politique ! ». Initiatrice de manifs bidons pour la défense du pouvoir d’achat, son blog regorge de liens vers des sites et vidéos tous plus louches les uns que les autres, dont une vidéo d’Egalité et Réconciliation et une vidéo sur le « nouvel ordre mondial », grande antienne conspi s’il en est.

Tout ce beau monde discutait bien évidemment très courtoisement avec Grégory Pasqueille.

Nous appelons les militants sincères à chasser tous ces fafs de leur mouvement, car force est de constater que ce jeudi la riposte n’a pas été à la hauteur, malgré la présence de nombreux antifascistes dans la foule.

Les notes en bas de cette page
http://www.hns-info.net/spip.php?article29972

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Re: Politiques extrêmes

Message  Newo le Lun 10 Oct - 22:45

Asselineau, le retour du complotiste à Lyon (mais que fait la CIA ?)


Asselineau, le complotiste réactionnaire qui arrive à la fois à être ENArque et à se croire alternatif, est malheureusement de retour à Lyon pour quatre conférences démagogiques fin octobre (20-21-22).

La plupart des lieux lyonnais avaient déprogrammé la dernière fois le passage de ce peu fréquentable personnage suite aux informations diffusées, entre autres sur Rebellyon : Attention, l’ultra-droite souverainiste débarque à Lyon !. Asselineau et ses sbires de l’UPR se retrouvent une fois encore cantonnés chez leurs amis réactionnaires de la brasserie F&B à Perrache (10 quai Rimbaud).

Le fly annonçant les rencontres vaut le détour puisqu’il est intitulé en gras « Conférences surprenantes à Lyon » (on croirait la pub d’un arnaqueur du XIXe siècle vendant un remède bidon). Avec vraiment du fond et pas du tout de démagogie, non, quelques citations :

François Asselineau [—] écarté et ignoré des grands médias [—] vous propose clairement ses analyses [---]
ENFIN de VRAIS réponses à de VRAIS questions
[---]
Pour avoir des CLES et y voir plus CLAIR ...


On notera l’usage des majuscules qui ne prend PAS DU TOUT ses lecteurs pour des idiots.... Populisme quand tu nous tiens.

La meilleure conférence restera assurément « Pourquoi faire confiance à l’UPR ? ». ET pourquoi ? Parce que c’est bien sûr, tous ceux qui s’opposent à lui et se permettent de critiquer le fond réac et complotiste d’Asselineau, c’est bien connu , travaillent pour la CIA....

http://rebellyon.info/

http://rebellyon.info/Attention-l-ultra-droite.html
http://rebellyon.info/Rebellyon-est-manipule-par-la-CIA.html

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Re: Politiques extrêmes

Message  Newo le Dim 6 Nov - 22:41

L’extrême droite de Thomas Werlet reçue en grande pompe a Téhéran

Nous publions ci-dessous un texte du blog Soliran Paris qui confirme les liens entre le régime iranien et une certaine extrême droite française. On savait déjà qu’Ahmadinejad et ses sbires éprouvaient une sympathie – bien réciproque – pour des Meyssan, des Dieudonné ou des Alain Bonnet de Soral. Désormais, ils ont rajouté une corde à leur arc : Thömas Werlet et son Parti solidaire français, qui ne sont pas si éloignés que ça des trois autres, puisqu’il sont devenus des habitués du Théâtre de la Main d’Or de Dieudonné et ont participé à la campagne du Parti antisioniste.

Conspis hors de nos vi[ll]es

=========================================================

Le Parti solidaire français de Thomas Werlet (ex-Droite socialiste et groupuscule particulièrement violent[1] qui développe un programme mettant en avant des thématiques « nationales » et « socialistes ») a été reçu avec les honneurs par Husseini le ministre de la « culture » d’Ahmadinejad. Depuis quelques mois le régime Iranien à multiplié les contacts avec les représentants de mouvement fascistes français, et cette visite s’est déroulée dans ce cadre. Ainsi le 13 Avril 2010 avait déjà eue lieue dans un café une première rencontre lors de cette rencontre organisée par le journal Flash d’Alain Soral entre Seyed Mehdi Miraboutalebi, l’ambassadeur de la République islamique d’Iran à Paris et des représentants de l’extrême droite française[2]. Thomas Werlet y était déjà présent, aux côtés entre autres de Marc George (ex-secrétaire général d’Egalité et Réconciliation) ou de Jacques Bordes (un militant « national révolutionnaire »).

Depuis cette date, un paquet de représentants de l’extrême droite françaises on fait de nombreux voyages chez Ahmadinejad. Citons parmi ceux-là : Yahia Gouasmi (fondateur du centre Zarha, une officine du régime en France), Dieudonné du Parti Antisioniste, Maria Poumier et Ginette Skandrani (deux militantes négationnistes), ou plus récemment l’écrivain et « journaliste » conspirationniste Thierry Meyssan, ainsi que Paul-Éric Blanrue (auteur d’un film a la gloire du négationniste Robert Faurisson) et d’une pétition en faveur de la libération de Vincent Reynouard un militant négationniste[3]. Ces deux derniers personnages ont fait partie en 2011 des invités officiels du 29e festival du film « Fajr » de Téhéran.[4]

Cette fois c’est donc au tour du Parti Solidaire Français de Thomas Werlet d’être reçu par Husseini, ministre de la « culture » de la dictature, dans le cadre du 5th International Digital Media Fair & Festival qui s’est tenu à Téheran du 9 au 15 Octobre 2011. C’est donc tout à fait officiellement qu’une délégation de ce groupuscule raciste et xénophobe proche de l’activiste « ethno-différentialiste » Kemi Séba ( ex Tribu Ka , Mouvement des damnés de l’impérialisme) s’est rendue en voyage a Téheran dans un avion spécialement affrété par le régime.


Thomas Werlet et un de ses lieutenants Olivier Lemoine ont rencontré en cette occasion des délégations de pays comme le Brésil, la Bolivie, l’Equateur, la Malaisie, l’Italie, l’Indonésie, l’Uruguay, le Chili, l’Allemagne, le Kenya, l’Egypte, Cuba, la Chine, l’Afghanistan, l’Irak, Hong Kong, l’Angleterre, l’Inde, le Pakistan et le Tadjikistan. Aucune des organisations présentes – parmi lesquelles des organisations de jeunesse de régimes autoritaires comme celui qui dirige Cuba - ne semblent avoir émis la moindre réserve morale ou éthique durant ces cinq journées de conférence quant à la présence de cet activiste d’extrême droite qui se vante sur son site d’avoir eu de trés bons contacts avec les diverses délégations présentes : « Ce fut l’occasion pour le P.S.F. de prendre de nombreux contacts et d’établir de nouvelles relations avec différents militants et représentants d’organisations anti mondialistes (Hezbollah, Jeunesses Iraniennes, résistance palestinienne, Jeunesses cubaines, et beaucoup d’autres activistes du monde entier). »[5]


Ironie de l’histoire : cette réunion mondaine du régime avait pour thème les médias et internet, alors même que ce pays enferme et condamne régulièrement à de lourdes peines de prison et même à la peine capitale des blogueurs des cyberactivistes qui osent critiquer le régime.

On constate donc une fois encore que les représentants de l’internationale fasciste et de la peste brune ont pignon sur rue sur les médias du régime de Téhéran. Press-tv.ir, l’Irna, Fars News ouvrent régulièrement leurs colonnes à des gens comme Alain Soral, Thierry Meyssan, Ginette Skandrani ou le militant néo nazi anglais Peter Rushton.[6] De bien curieux référents idéologique pour un régime pourtant chéri par nos sites et intellectuels « anti impérialistes » français ou belges se voulant de « gauche » ou même « communistes » voire « anarchistes » comme Le Grand Soir, Bellaciao, Michel Collon ou Jean Bricmont qui continuent a voir aveuglément dans le régime d’Ahmadinejad un rempart à l’impérialisme occidental et au capitalisme débridé (alors même que la politique économique du régime est ultralibérale).

[1] Rappelons aussi que malgré les démentis de Werlet des membres de La droite socialiste s’étaient déjà fait remarquer avec des violences raciste commises en banlieue parisienne et dans les transports en commun. Des individus du groupe Nomad 88 qui s’occupait alors du service d’ordre de son groupuscule ont tiré sur une cité populaire au pistolet mitrailleur en 2008 dans l’Essonne. Voir ici: http://fr.wikipedia.org/wiki/Nomad_88 et là : http://blogs.rue89.com/jean-yves-camus/essonne-un-groupe-skinhead-implique-dans-une-fusillade?page=1 Voir aussi une agression contre de jeunes Noirs dans le métro en 2007 par le même groupe dans la vidéo « La vérité sur Kemi Seba, ses liens à la mouvance néo-nazie, la vérité enfin dévoilée. » : http://www.youtube.com/watch?v=DSWXJm1ub04

[2] L’Ambassadeur d’Iran à la rencontre de l’extrême droite radicale : http://droites-extremes.blog.lemonde.fr/2010/04/14/lambassadeur-diran-a-la-rencontre-de-lextreme-droite-radicale/

[3] Pétition lancée avec le très controversé « intellectuel de gauche » Jean Bricmont qui demandait la libération du militant néo nazi négationniste Vincent Reynouard, libéré depuis.

[4] Un festival officiel du « film » organisé tout les ans par régime de Téhéran et ou sont invités chaque année des représentants de l’extrême droite française mais aussi internationale. Meyssan et Blanure y ont longuement « débattu » sur « L’hollywoodisme, le terrorisme, le Pentagone et la CIA » mais aussi sur les « militants révisionnistes » (sic) comme Vincent Reynouard « harcelés et emprisonnés du fait de la loi Gayssot ». Voir ici sur ce site proche de la mouvance Dieudonnè : medialibre.eu/monde/dieudonne-blanrue-et-meyssan-a-teheran-reynouard-a-lhonneur/5532

[5] Voir ici: partisolidaire.blogspot.com/2011/10/compte-rendu-du-seminaire-en-republique.html

[6] Nous avions déjà parlé ici de la présence régulière de militants néo nazis invités des médias nationaux du régime de Téhéran: http://soliranparis.wordpress.com/2011/07/27/un-neo-nazi-anglais-invite-regulier-des-television-du-regime-de-khamenei/


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