Représentations de la Franc-Maçonnerie

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Représentations de la Franc-Maçonnerie

Message  Newo le Ven 16 Sep - 8:16

Représentations de la Franc-Maçonnerie
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La théorie du complot ou anti-maçonnisme

« Et puis il y a l'impression du complot, peut-être pas judéo-, mais en tout cas maçonnique, qui voudrait que tous nos dirigeants, de gauche comme de droite, s'entendent au sein des loges pour diriger le monde. » extrait de réponse de forum sur la question « qu’est –ce qui vous vient à l’esprit quand je dis franc-maçonnerie ? ».

Paolo Persichetti nous dit que dans la rhétorique du complot « le fait social est réduit à un événement criminel classé parmi les infractions à la loi. L'histoire est histoire des crimes. Son travail suit le mode judiciaire. Ses sources s'inspirent des enquêtes de police et des arrêts de justice. »
Pour lui, l'histoire sociale, l'histoire des mentalités, l'histoire des idées, l'histoire économique, sont effacées par un retour du récit événementiel d'un nouveau type. « La vieille histoire ponctuée de faits politiques est remplacée par les "grandes affaires", des crimes manipulés, des délits "exquis" entourés toujours d'un brouillard aussi impénétrable que romanesque. L'histoire se soumet à la loi. Le récit devient un procès verbal. »
Il ajoute que le recours à des notions telles que "trame", "intrigue", "machination", "conjuration", "complot", "secret", "coïncidence", remplacent celles de relation, rapport, mouvement, processus, dynamique, articulation, structure, lutte de classe, conflit social. Des mots comme "congrégations", "sectes", "franc-maçonnerie", "coteries", "mafia", "réseaux", "services secrets", "lobbies", remplacent les classes, les groupes, les partis, les factions, les catégories, la société, le capital, le travail.
Dominent l'occulte, l'invisible, le caché, l'obscur, l'ombre, le secret, le mystère. On ne pourra jamais dévoiler réellement la réalité des choses mais seulement en avoir l'intuition, pouvoir l'imaginer, la pressentir, la deviner, la présager, la prophétiser, la prédire. L'impossibilité de découvrir est la preuve maîtresse de la machination. Le complot se confirme par le fait même que toutes preuves aient été détruites et qu’il n’en reste que des indices, des traces, des signes, des fragments. Tout le savoir réside alors dans la capacité de les rassembler, de les remonter, de les recoller.
L’auteur explique que dans la grammaire qui construit le discours du complot, le travail de compréhension et reconstruction historique s'apparente à une sorte de remontée hiérarchique vers le haut d'une structure à base pyramidale, dont la vérité se tient au sommet, et où l'explication relève toujours du secret dévoilé ou de la conspiration ourdie.
L'histoire ne serait plus l'histoire des hommes, des relations entre eux et le monde qui les entoure, mais l'agissement de quelques hommes situés dans un lieu privilégié, de magouilles et de magouilleurs. Un mélange instable qui réunit des éléments de la conception élitiste et du paradigme de la domination avec une forte influence de la culture ésotérique, des superstitions animées par la fascination de l'occulte, du secret, de la trame et de la dissimulation. « Une mixture disparate qu'agrègent la "suspicion" comme dispositif cognitif et la "projection" comme dispositif psychologique. »

L’auteur nous dit que le paradigme du complot joue un rôle de dispositif explicatif rassérénant, apaisant, face à des événements parfois incompréhensibles qui bouleversent « l'ordre naturel des choses », suscitant des situations de trouble. Toujours selon cet auteur, il peut être aussi un révélateur de la fracture sociale, d'une dichotomie profonde qui porte une partie de la société à ne plus comprendre l'autre. Ce fut le cas de la révolution française qui produisit un sentiment de désarroi parmi les laquais de l'ancien régime.
Ce qu'illustre l'exemple de l'abbé Barruel qui deviendra un des chef d'école de la théorie du complot avec son ouvrage, « Mémoire pour servir à l'histoire du jacobinisme », texte qui connaît un très grand succès à son époque. Publié pour la première fois à Londres en 1797, cet ancien jésuite y raconte que la révolution française fut le fruit d'un vaste complot maçonnique réalisé à travers l'action occulte de quelque loge contrôlée par les jacobins afin d'abattre la monarchie et la chrétienté. « Dans cette Révolution Française, tout, jusqu’à ses forfaits les plus épouvantables, tout a été prévu, médité, combiné, résolu, statué ; tout a été l’effet de la plus profonde scélératesse. »

C'est ainsi qu'il explique également que la lame de la guillotine doit sa forme triangulaire non pas à la plus grande efficacité du tranchant biseauté, mais à la volonté des révolutionnaires de donner au " couteau républicain " la forme du triangle maçonnique. Ce livre marque le passage à l'âge moderne de la théorie du complot comme modèle idéologique qui prétend expliquer tout phénomène révolutionnaire en minimisant ou ignorant les causes multiples des processus qui sont à la base des mutations. La révolution est présentée comme une menace pour l'église, l'humanité, la civilisation et l'État sous la forme d'une " guerre civile mondiale ".

La théorie du complot maçonnique est difficile à dater et de nombreuses rumeurs coururent sur les francs-maçons tout au cours de l’histoire.

De 1890 à 1900, la franc-maçonnerie sera dénoncée de toutes parts; et notamment par Léo Taxil, ancien apprenti maçon chassé de sa loge. Celui-ci affirmera que la franc-maçonnerie est l'oeuvre du Diable. Il écrira de nombreux ouvrages contre la franc-maçonnerie qui connaîtront un très grands succès. Dans « mystère de la franc-maçonnerie dévoilée », Taxil, de son vrai nom Gabriel Jogand-Pagès; nous dit qu'il existait un pape luciférien, dont le siège se trouvait à Charleston, en Virginie occidentale, et que le Saint-Père n'était autre que le général Albert Pike, Grand Commandeur du Rite Ecossais pour la Juridiction Sud des États-Unis. Ce dernier recevait Lucifer tous les vendredis à 15 heures précises et prenait note de ses instructions. Il est encore possible de se procurer ses livres via les sites anti-maçonniques qui recommandent vivement ces ouvrages. Pourtant, au début du siècle Léo Taxil dévoile la supercherie et admet qu'il s'agissait d'une « fumisterie ». On parle donc du « canular de Taxil ». Cependant, les idées de taxil continuent d’être relayées encore aujourd’hui.
Un autre ouvrage de Taxil qu’il a écrit en collaboration avec Paul Verdun porte le titre suivant « Les assassinats maçonniques ».

Les relations entre Lucifer et la franc-maçonnerie n’ont pas seulement était établies par Pike. Une multitude d’écrit ont été entrepris sur ce thème dont les auteurs n’étaient pas sans relations avec l’Eglise. A ce propos, dans ses confessions Pike nous dit que « chaque fois qu’un passage était obscure, je l’éclairais dans le sens agréable aux catholiques qui voient en Messire Lucifer le suprême grand maître des francs-maçons »
ImageD’autres auteurs donc, comme Monseigneur Léon Meurin, archevêque de Port-Louis publie « la franc-maçonnerie, synagogue de Satan ». On pourrait aussi citer un certain Docteur Hacks qui prend le pseudonyme de Docteur la Bataille pour publier « Le diable au XIX ème siècle » qui sera vendu en fascicule dans les kiosques.
Enfin, il serait trop long de continuer tant les ouvrages anti-maçons sont nombreux.
Il est cependant intéressant de noter que Léo Taxil a ouvert une grande porte à l’antimaçonnisme et ses « révélations » sur Albert Pike ont également engagé de nombreux écrit qui corrobore sa théorie pourtant démentie par lui-même.
A titre d’exemple, Mr. Jack Chick dans sa bande dessinée “The Curse of Baphomet” reprend tout à fait la thèse de Taxil en ce sens qu’il présente Albert Pike et donc les francs-maçons comme luciférien en utilisant le procédé bien connu qui consiste à extirper quelques phrases de leur contexte d’origine afin que celles-ci révèlent tout autre chose.
Certains anti-maçons considèrent la maçonnerie comme dangereuse pour la société parce que dangereuse pour l'Église et la religion chrétienne et d'autres la considèrent comme dangereuse pour la société, ces derniers restant définitivement sur le terrain politique.
En effet, l'ensemble des écrivains anti-maçons semble en accord avec l'idée que, la République c'est la maçonnerie.
Pour l'antisémite Edouard Drumont dans son ouvrage « Nos maîtres ; la tyrannie maçonnique » publié par la Librairie antisémite en 1899 : la Maçonnerie, c'est la République. La maçonnerie a peu à peu « accaparé », « confisqué » la République, qui est devenue « sa chose, sa vache à lait, sa métairie ». C'est ce qui explique que les juifs, maîtres de la maçonnerie, soient par ce fait maîtres de la France.
Pour lui, « la Franc-maçonnerie n'est qu'une machine de guerre inventée par les juifs pour conquérir le monde et réaliser leur vieux rêve d'universelle domination ».
La maçonnerie dirige la République grâce à tous les élus maçons par le biais des syndicats
Maçonniques tant parlementaires qu'extraparlementaires (les fraternelles maçonniques).
Pour Maurice Talmeyr le but de la République et de la franc-maçonnerie sont exactement les mêmes, c'est-à-dire embrigader l'opinion publique, par le biais de la presse et l'éducation, afin qu'elle se retourne contre l’Eglise catholique et qu'elle en provoque la destruction. Toutes deux vont utiliser pour cela le mensonge et la duperie qui serai un principe de fonctionnement. Cette relation essentielle est également celle que décrit monseigneur Delassus.
Maçonnerie et République occupent chacune une place de choix dans la grande Conjuration qui, si elle veut conquérir le monde, doit d'abord détruire le christianisme, et plus particulièrement le catholicisme. Ces deux écrivains sont profondément opposés à la République, mais elle n'est à leurs yeux qu'une des pièces d'un complot qui la dépasse largement. Leur combat est celui du Bien contre le Mal.

Dans une interview de l’émission « de quoi j’me mêle » Hans Jürgen Krysmanski, sociologue, répond au journaliste :
« Comment expliquez-vous la recrudescence des théories complotistes en Europe depuis quelques années ? »

« D’abord, plus que l’Europe, les Etats-Unis sont un terreau fertile pour le conspirationnisme ; ensuite, plutôt que de « théories », il serait plus juste de parler de « récits ». Ces récits, donc, obéissent à des cycles conjoncturels, comme d’ailleurs beaucoup de phénomènes historiques. Le XVIIIe siècle, qui a vu la bourgeoisie contester le pouvoir détenu par les aristocrates, a vu aussi fleurir les sociétés secrètes et les mythes, notamment à propos des Illuminati, accusés de conspirer pour former un gouvernement mondial. »

Selon cet auteur, les théories du complot seraient mieux représentées aux Etats-Unis.
Les liens également établis par de nombreux sujets entre la franc-maçonnerie et la philosophie émanent sans doute de la nature même de la franc-maçonnerie puisque de nombreuses définitions font ressortir cet aspect de l’organisation.


tDessins anti maçons du début du 20ème siècle ici

Newo

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