Réponses politiques contre le conspirationnisme

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Réponses politiques contre le conspirationnisme

Message  Newo le Mer 19 Oct - 11:46

Combattre l’extrême-droite sous toutes ses formes


Tract d’ICO pour la manifestation antifasciste à Lille, samedi 8 octobre 2011


Aujourd’hui, nous voyons surgir une extrême-droite qui a soigneusement renouvelé la façon dont elle se présente, que ce soit le FN, les identitaires ou leurs franges radicales. La vieille extrême-droite, raciste, chauvine et autoritaire n’a pas disparu, mais elle s’est adaptée à ce nouveau profil public. Ils ont su brouiller les cartes en puisant à gauche des thèmes et des images, tout en les mêlant aux leurs : classe ouvrière, anti-impérialisme, laïcité, et ainsi de suite. Cela oblige à redoubler de vigilance, mais aussi à se demander pourquoi certains thèmes se sont révélés si glissants.

Les alliances douteuses qui se sont nouées par le biais du soutien « de gauche » aux islamistes (notamment sur la question de l’Irak ou de la Palestine), au mépris des droits des femmes et de toute idée de liberté ; une certaine laïcité qui se limitait à la critique de l’Islam (pour aboutir à la haine des immigrés, présumés tous musulmans) ; la prolifération de clichés antisémites qu’on essaie de faire passer pour de l’antisionisme (ruinant ainsi la crédibilité et la dignité du combat contre la colonisation en Palestine) ; le soutien aveugles à toutes les dictatures présumées « anti-impérialistes », que ce soit les pouvoirs totalitaires irakiens et aujourd’hui syriens ou libyens, ou encore le soutien sans faille affiché par Chavez et Morales au régime réactionnaire et assassin d’Ahmadinejad en Iran ; les différents avatars des théories complotistes, autour du 11 septembre notamment ; le souverainisme, plus ou moins déclaré, comme seule réponse à la crise sociale ; toutes ces « confusions » et d’autres encore, ont rendu la frontière entre l’extrême-droite et l’extrême-gauche de moins en moins étanche, de plus en plus floue.

C’est une stratégie de brouillage des cartes consciente, mise en œuvre depuis les années 1980 par la nouvelle droite, qui s’est aujourd’hui imposée. Il ne sert à rien de hurler au fascisme contre l’extrême-droite classique, si l’on ne sait pas la reconnaître partout où elle est embusquée. On a vu récemment des ralliements ouverts d’anciens dirigeants de partis ou d’associations venus de la gauche se rallier au FN, ou lui donner des gages de laïcité et de patriotisme. Mais ces ralliements ne doivent pas cacher les ramifications multiples des amis de Soral, de Dieudonné, de Meyssan, etc. qui bénéficient de la sympathie de militants qui se croient encore de gauche et qui se trouvent parfois sur nos propres terrains. Pire, nos adversaires d’extrême-droite se proclament volontiers de gauche, font appel au monde du travail et réalisent un réel travail militant d’implantation dans des quartiers abandonnés par le mouvement ouvrier. C’est ce terrain qu’il faut reconquérir. On ne combattra pas l’extrême-droite par un « front républicain » dans les urnes, mais dans les boites, dans les quartiers, par le travail militant contre leurs idées et leurs pratiques.

Aujourd’hui, se battre contre, ce n’est pas seulement affronter l’extrême-droite déclarée comme telle, ce n’est pas seulement manifester notre opposition, c’est aussi et d’abord traquer leurs idées partout où elles se cachent . Nous devons établir un véritable cordon sanitaire, une ligne claire entre eux et nous. Réaffirmons l’existence d’un mouvement communiste, ouvrier, qui se bat sans ambigüité sur un terrain de classe !

Initiative communiste-ouvrière

Newo

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Les théories du complot : conspirationnistes et droites extrêmes

Message  Newo le Mer 19 Oct - 21:47

Nous publions ci-dessous le texte de présentation d’une conférence qui a eu lieu le 20 mai 2011 à l’initiative du Forum social des quartiers populaires (FSQP). Il s’agit d’une excellente introduction, à la fois claire et précise, aux problèmes posés par le conspirationnisme.

La théorie du complot

D’après le petit Robert, « Un complot est une entente secrète entre plusieurs personnes, en vue de renverser un pouvoir établi, ou une organisation en vue d’attenter à la vie d’une personne d’autorité ».

Tout au long de l’Histoire il y a eu des complots, des accords secrets et des trahisons. Il faut distinguer ces complots et la « théorie du complot ».

La théorie du complot (complotisme ou conspirationnisme) est une grille de lecture de l’histoire qui a pour fondement la croyance qu’un petit groupe d’individus dirige le monde par le biais de diverses manipulations (magique, scientifique, économique, médiatique).

Cette interprétation du monde est assez particulière puisqu’elle part du principe que le complot existe depuis toujours (parfois même avant l’humanité) et partout dans le monde (et parfois même au delà).

Il y a eu des complots dans l’Histoire, mais on ne peut réduire l’Histoire à un complot universel, éternel et permanent.

Les mécanismes de la « théorie du complot »


« il n’y a pas de hasard » et « tout est lié » sont les piliers des thèses complotistes.

La théorie du complot se sert de tous les éléments possibles (réels ou imaginaires) distants dans le temps et l’espace comme une volonté d’expliquer la Providence ou le destin, avec des moyens scientifiques. Un plan mystérieux est dévoilé par un discours rationaliste.

Le fait de vouloir prouver une conviction en reprenant des arguments scientifiques rend des théories du complot attractives pour certains croyants, cela explique la prégnance des thèmes religieux dans les œuvres conspirationnistes.

——

Le conspirationisme utilise majoritairement deux argumentations pour rendre ses thèses aussi crédibles que possible.

La première repose sur le fait que l’on ne peut pas tout savoir parce qu’on nous dissimule des choses. Cela permet d’avoir recours à des éléments occultes connus de manière mystérieuse par les personnes qui les dévoilent et dont elles ne peuvent prouver la source ainsi que son authenticité. Sont régulièrement mis en cause des projets secrets du gouvernement, des textes historiques cachés, mais aussi des interventions extra-terrestres ou des forces sataniques ou magiques.

Il est possible de penser que c’est réel : parce qu’on nous cache tout de manière intentionnelle.

La seconde partie de l’argumentaire conspirationniste est le développement de ce supposé escamotage de faits par de petits groupes d’individus. On passe du mensonge par omission (on nous cache tout) au mensonge délibéré. L’histoire officielle n’a plus aucune valeur. Les sources, la chronologie sont remises en cause. Tout fait historique peut être relativisé et mis au même plan qu’une chose improuvable.

——

Le complotiste qui se présente comme défenseur des opprimés a cependant une démarche très proche de l’élite maléfique qu’il dénonce et prétend combattre.

Tout d’abord, il en partage les secrets. Comment y-a-t-il eu accès ? Mystère. En tout cas, cela fait de lui une sorte d’élu clairvoyant qui vit parmi des gens aveugles. Le complotiste se positionne un peu comme Prométhée : il n’est pas un simple mortel, il est un initié. S’il n’est pas un renégat d’un complot, il se présente comme une personne d’une intelligence hors du commun et qui sait tout. Il est le pendant positif de ce qu’il dénonce.

Cette similarité entre le complotiste et le comploteur font que la théorie du complot sert finalement les intérêts des deux. L’un n’existant pas sans l’autre. Il en fait donc implicitement partie.

Le complotiste dénonce une exploitation du monde et de l’humanité par une organisation secrète, mais il ne donne aucune méthode pour lutter contre le complot. Pour les complotistes, le simple fait de dénoncer le complot et de multiplier la publication de documents aurait la vertu de faire disparaitre le complot de lui même.

Le fait de croire que la conspiration est le moteur de l’histoire retire toute responsabilité au peuple. Pour un complotiste, se sont les êtres d’exceptions (dont il fait partie) qui écrivent et lisent l’histoire. Cet angle de vue lui fait considérer le peuple comme une éternelle marionnette. C’est révélateur qu’il regarde la société du même niveau et de la même manière que celui qu’il présente comme le maître du monde.

A qui profite la théorie du complot ?


Il est clair qu’elle ne sert en rien les dominés. La théorie du complot n’est pas un cadre d’analyse ou une pensée qui permet aux opprimés de construire un mouvement de résistance ou de mener une lutte d’émancipation. Si une personne veut savoir qui se cache derrière le complot, elle se perd dans une quête de connaissances qui va l’emmener loin de ses préoccupations concrètes. La théorie du complot agit de ce point de vue comme un leurre.

La théorie du complot renforce le pouvoir en place. Le pouvoir des comploteurs qui dirigent, banques, médias, états, multinationales sans limites si on fie aux « théoriciens du complot ». Toute révolte organisée est vouée à l’échec. Si une Révolution se produit , c’est selon la volonté des comploteurs. Une vision complotiste de l’Histoire ne donne aucune perspective. Puisque le complot l’emporte toujours pourquoi se battre ?

La forme matérielle du pouvoir (Etat, banques, industries, médias, etc.) n’est pas remise en cause. Ce qui pose problème pour les conspirationnistes, c’est qu’a la tête de tout cela on trouve une minorité de parasites qui a perverti l’ensemble de la société. Par exemple « la banque » serait une chose nécessaire, le problème c’est le « bankster ».

Dans le complotisme, le problème n’est pas la structure injuste du système économique et social mais le fait qu’un groupe occulte est au poste de contrôle remettant en cause un ordre « juste/naturel/divin ».

A défaut de critiquer la société, la théorie du complot va désigner une minorité (réelle ou inventée) et lui attribuer la responsabilité de tous les maux. Le complot peut être identifié par les caractéristiques supposées (physiques, culturelles) du groupe accusé de prospérer sur la misère du monde. De ce fait les « théories du complot » peuvent êtres perméable à des idées xénophobes affirmant qu’il est possible d’identifier l’appartenance à un groupe de domination occulte grâce a des traits morphologiques ou culturels.

Historiquement les mouvement politiques qui ont utilisé la théorie du complot comme argument de lutte s’en sont servis comme légitimation de répression quand ils sont arrivés au pouvoir.

Il est même arrivé que les pouvoirs en place se mettent à utiliser les théories du complot pour asseoir leur légitimité ou discréditer leurs adversaires en créant un pouvoir non médiatisé. En effet, la menace d’un complot a pour but de créer un lien direct entre les maîtres de l’appareil d’Etat et le peuple.

La thèse du complot sert directement les intérêts des dominants en confortant la légitimité de leur domination dans l’inconscient collectif et en permettant aussi une répression pour préserver le pouvoir en place. Les théories du complot ne sont pas forcément des thèses d’extrême droite mais elles sont très facilement des passerelles empruntées par ce courant politique pour élargir son champ d’action. Et cela parce que d’une part elles peuvent correspondre à une stratégie de propagande consciente et efficace, mais surtout parce quelles sont le reflet d’une vision globale du monde qui repose sur les schémas de pensée des droites radicales.

Contact FSQP : quartierslibres[at]hotmail.com
http://fsqp.fr/

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