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Cerveau : machine à croyances

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Cerveau : machine à croyances

Message  Newo le Mer 9 Nov - 22:21

La machine à croire
fabrique l'irrationnel


"La parapsychologie est une croyance en quête de données, plutôt que des données en quête d'explication.
" Hansel

Notre cerveau et notre système nerveux constituent un véritable moteur générant des croyances, un système qui a évolué non pas pour nous assurer la vérité, la logique ou la raison, mais bien plutôt la survie. Cette "machine à croire" possède sept composants majeurs.

Les croyances suivantes sont fortement ancrées dans la tête d'un grand nombre de gens. Chacune d'elle a pourtant été énergiquement critiquée :

* Grâce à l'hypnose on peut revivre ses vies antérieures
* Les horoscopes fournissent une information utile pour l'avenir
* La guérison spirituelle réussit parfois là où la médecine conventionnelle ne marche pas
* Une conspiration satanique universelle est à l'oeuvre dans notre société
* Certaines personnes peuvent utiliser leurs pouvoirs psychiques pour aider la police à résoudre des enquêtes
* Nous pouvons parfois communiquer avec les autres via la télépathie
* Certaines personnes ont été enlevées par des OVNI
* Elvis vit toujours
* La vitamine C peut guérir ou empêcher le rhume de cerveau ou la grippe
* Les immigrés nous volent notre travail
* Certains groupes raciaux sont intellectuellement inférieurs
* Il y a plus de naissances les soirs de pleine lune
* Les crimes et la violence sont liés à la disparition de la famille traditionnelle

Malgré une grande confiance aussi bien du côté des croyants que des "mécréants", dans la plupart des cas, aucun ne possède assez de preuves (s'il en a) pour soutenir sa propre position. Certaines de ces croyances, comme la télépathie et l'astrologie, sont en totale contradiction avec la vision du monde scientifique et sont donc considérés par les scientifiques comme "irrationnels". D'autres ne sont pas du tout en contradiction avec la science et, qu'ils reposent sur des faits ou non, personne ne les considèrent comme irrationnels.

Les rationalistes du 19° siècle avaient prévu que la superstition et l'irrationnel seraient vaincus par l'éducation. Il n'en fut rien. De hauts niveaux d'alphabétisation et d'éducation ont peu fait baisser de telles croyances, et sondages après sondages, on remarque que la majorité du public croit encore en la réalité de phénomènes "occultes", "paranormaux" ou "surnaturels". Comment cela se peut-il ? Comment est-il possible que dans cette société hautement scientifique et technologique la superstition et l'irrationalité abondent encore ?


Ceci vient de ce que notre cerveau et notre système nerveux constituent un moteur générateur de croyances, une machine produisant des croyances sans aucun respect pour ce qui est vrai et ce qui ne l'est pas. Ce moteur sélectionne l'information provenant de l'environnement, lui donne forme, l'associe avec l'information de la mémoire et produit des croyances qui généralement sont logiques avec celles déjà en place. Ce système est tout aussi capable de générer des croyances fallacieuses que d'autres proches de la vérité. Ces croyances guident les actions futures et, qu'elles soient correctes ou erronées, elles peuvent être utiles pour l'individu qui les "possède". Qu'il existe réellement un paradis ou non pour les âmes qui le méritent ne diminue pas pour autant l'utilité d'une telle foi chez ceux qui sont à la recherche d'un sens à leur vie.

C'est pratiquement la même chose en ce qui concerne ce que nous prenons pour des croyances "irrationnelles", elles sont produites de la même manière que les autres. Bien que ne nous n'ayons aucun fondement solide soutenant les concepts irrationnels, nous n'en avons pas plus pour la plupart de nos autres croyances. Par exemple, vous croyez probablement que se laver les dents est bon pour vous, mais il n'est pas sûr que vous ayez une preuve appuyant cette croyance, à moins que vous soyez dentiste. Vous l'avez simplement appris, cela vous a semblé sensé et vous n'avez jamais remis en question cette affirmation. Si nous voulons conceptualiser le cerveau et le système nerveux en tant que moteur à croire, cela nécessite d'en comprendre les éléments, chacun reflétant des aspects fondamentaux de la production de croyances.

L'élément d'apprentissage

L'élément d'apprentissage est la clé pour comprendre le "moteur à croyances". Il est relié à l'architecture physique du cerveau et du système nerveux, et de par sa nature, nous sommes condamnés à un processus virtuel automatique de la pensée magique. La "pensée magique" est l'interprétation de deux évènements ayant lieu en même temps ou proches comme étant liés par un rapport de causalité : l'un étant la cause de l'autre, alors qu'il n'en est rien. Par exemple, si vous croyez que croiser vos doigts vous apportera la chance, vous associez le fait de croiser les doigts avec la réalisation d'un évènement heureux et attribuerez un lien causal entre les deux.

Notre cerveau et notre système nerveux ont évolué sur des millions d'années. Il est important de reconnaître que la sélection naturelle n'agit pas directement sur la base de la raison ou de la vérité, elle sélectionne en vue de la réussite reproductrice. Rien dans notre appareil cérébral ne donne de statut particulier à la vérité. Considérez un instant un lapin dans l'herbe haute, et donnez lui pendant un court moment une petite parcelle de conscience et d'intelligence. Il entend soudain du bruit dans l'herbe, et a appris par expérience que cela signifie parfois qu'il y a un renard affamé pas loin, le lapin se demande s'il s'agit à ce moment précis vraiment d'un renard ou bien s'il s'agit d'un coup de vent dans l'herbe. Il attend d'avoir plus de preuves concluantes pour se décider à agir.

Et bien quoique qu'il soit motivé par une recherche de la vérité plus poussée, ce lapin ne vivra pas bien longtemps. Si on compare ce lapin relativement lent à un autre qui aurait répondu au bruit par une réaction du système nerveux et serait parti en courant à toute vitesse, ce dernier a beaucoup plus de chances de vivre et de se reproduire. Donc, chercher la vérité n'aide pas à survivre, et se sauver sur la base d'une fausse croyance n'est finalement pas une si mauvaise idée que cela. Cependant, bien que la stratégie de fuite puisse se voir couronnée de succès dans la foret, elle peut être dangereuse à l'ère nucléaire.

L'élément d'apprentissage est fait de manière à comprendre rapidement l'association entre deux évènements, comme toucher un fourneau brûlant et sentir la douleur. Il est monté de telle manière que des appariements significatifs produisent un effet durable, alors que des évènements identiques mais non reliés ne sont pas aussi influents. Si un enfant touche un fourneau brûlant et se brûle, et si ensuite cet enfant touche le même fourneau sans se brûler, l'association entre la douleur et le fourneau ne sera pas automatiquement oubliée. Cette asymétrie basique, (accouplement de deux stimuli ayant un effet important et présentation des stimuli dépareillés - c'est-à-dire individuellement - donnant un effet moindre), est important pour la survie.

Cette asymétrie dans l'apprentissage est aussi à l'origine de beaucoup d'erreurs faussant nos idées au sujet d'événements qui surviennent parfois ensemble. Les êtres humains sont très pauvrement munis en ce qui concerne le jugement exact des relations entre des évènements qui ont lieu parfois ensemble. Par exemple, si nous pensons à Tonton François et qu'il téléphone quelques minutes plus tard, cela nécessitera de notre part une explication télépathique ou de l'ordre de la précognition. Pourtant, nous pouvons évaluer correctement la simultanéité de ces deux évènements simplement en considérant le nombres de fois où nous avons pensé à Tonton François sans qu'il nous ait appelé, ou aux nombres de fois où il a appelé sans que nous pensions à lui.


Mais ces dernières conditions - dont les deux évènements ne sont pas reliés dans le temps - n'ont qu'un faible impact dans notre mémoire et notre système d'apprentissage. C'est parce que nous sommes trop influencés par l'appariement de deux évènements significatifs que nous en venons à inférer une association ou un rapport causal entre les deux, même s'il n'y en a aucun. Ainsi les rêves peuvent correspondre à des événements ultérieurs de temps en temps par hasard, et cependant cela peut avoir un effet dramatique sur nos croyances. Nous sentons que nous avons pris froid, prenons un peu de vitamine C, puis, le "coup de froid" n'étant finalement pas si important que ça, nous allons mieux que ce que nous nous étions imaginé, nous en déduisons qu'il doit bien y avoir un lien causal. Le monde qui nous entoure abonde de ces évènements coïncidents, certains sont significatifs mais la grande majorité ne l'est pas. Cela fournit un terrain plus que fertile pour voir se développer des croyances fallacieuses. Nous "apprenons" volontiers que des associations existent entre des événements, même lorsqu'il n'y en a pas, et sommes souvent conduits à inférer, de deux événements ayant lieu en même temps, que celui qui a lieu en premier cause celui qui le précède.

Nous sommes encore plus enclins à une erreur de jugement lorsque des événements rares ou émotionnellement chargés sont impliqués. Nous en recherchons toujours une explication causale et tendons à en déduire une causalité même lorsqu'il n'y en a pas.

L'élément de l'esprit critique

L'élément de l'esprit critique est le second composant de la machine à croire, acquis à travers l'expérience et une éducation explicite. A cause de l'architecture du système nerveux décrit plus haut, nous sommes nés pour la pensée magique. Un bébé qui sourit juste avant que le mobile au dessus de sa tête ne s'agite, sourira encore et encore ayant fait un lien magique entre le fait de sourire et le mouvement désiré du mobile. Nous devons travailler à surmonter une telle prédisposition magique, mais ne le faisons jamais entièrement. C'est par l'expérience et l'éducation que nous en venons à comprendre les limites de nos interprétations magiques intuitives et immédiates. Nous apprenons la logique grâce à nos parents et professeurs, et étant donné que cela nous rend bien service, nous nous en servons lorsque cela semble approprié. En effet, le parallèle culturel de ce processus développé est le développement de la méthode logique formelle et de l'enquête scientifique. Nous en venons à réaliser que nous ne pouvons finalement pas faire confiance à nos inférences automatiques en ce qui concerne l'occurrence et la causalité.

Nous apprenons à nous servir de simples tests de logique ou impliquant la raison, pour évaluer ce qui se passe tout autour de nous, mais nous apprenons aussi que certains types d'événements ne sont pas soumis à la raison mais relèvent de la foi. Toute société enseigne des "choses transcendantales" - fantômes, dieux, diables, etc. - et dans ces moments là on nous apprend explicitement qu'il faut laisser de côté la logique et accepter ces choses sur la base de la foi ou d'expériences personnelles. Lorsque nous sommes adultes, nous pouvons réagir à un événement sous une forme logique, critique, empirique ou intuitive. Les événements eux-mêmes déterminent souvent le mode par lequel nous allons réagir.

Si je vous raconte, par exemple, que l'autre soir alors que je rentrais chez moi, j'ai trouvé une vache au milieu de mon salon, vous serez plus poussé à rire qu'à me croire, même s'il n'y a rien d'impossible à ce qu'une telle chose se réalise. Si d'autre part je vous dis que l'autre soir, alors que j'étais dans mon salon, je fus effrayé par une lueur mystérieuse qui brillait juste au-dessus du fauteuil de mon grand-père décédé, que la pièce devint froide et sombre, que j'entendais des bruits sourds et répétitifs, vous seriez peut-être moins enclin à ne pas me croire mais plus susceptible d'ouvrir grandes vos oreilles pour écouter les détails de cette aventure, suspendant pour un instant votre sens critique plus que pour l'histoire de la vache. Parfois les émotions fortes perturbent l'esprit critique, d'autres fois nous sommes même astucieusement trompés par des tricheurs.

La rationalité est souvent dépourvue face à la pensée intuitive. Le psychologue Graham Reed prend l'exemple de l'illusion du joueur : supposez que vous soyez en train d'observer une roulette de casino. Le Noir est sorti dix fois, et un fort sentiment intuitif en vous, vous pousse à croire que le rouge va bientôt sortir, le noir ne peut pas toujours sortir. Pourtant votre raison vous rappelle que la roulette, elle, n'a pas de mémoire, que chaque résultat est totalement indépendant de ceux sortis précédemment. Dans un tel cas, la lutte entre l'intuition et la logique n'est pas toujours gagnée par cette dernière.

Notons que nous pouvons enclencher ou éteindre cet esprit critique. Comme mentionné plus haut, il est possible de l'éteindre complètement quand on fait référence à la matière religieuse ou à tout autre chose "transcendantale". Mais d'autres fois nous l'activons délibérément, surtout quand quelqu'un essaye de nous extorquer de l'argent pour une cause soi-disant valable.

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La fabrique à croyances

Message  Newo le Mer 9 Nov - 22:29

L'élément du besoin

L'apprentissage ne se réalise pas dans le vide. Nous ne sommes pas des récepteurs passifs d'information. Nous recherchons activement de l'information pour satisfaire nos nombreux besoins. Nous aspirons à un sens de l'identité, nous aspirons à guérir de la maladie, à être en contact avec ceux que nous avons aimé et qui sont décédés. En général nous aspirons à vouloir réduire l'anxiété. Les croyances, qu'elles soient vraies ou fausses, peuvent assouvir ces désirs. Souvent, les croyances qui pourraient se voir rangées dans la catégorie irrationnelle par les scientifiques, sont les plus efficaces pour réduire ces désirs. Le rationalisme et la vérité scientifique ne sont pas de bons remèdes pour calmer l'anxiété existentielle. Cependant, la croyance en la réincarnation, les interventions surnaturelles et la vie éternelle peuvent surmonter une telle anxiété dans une certaine mesure seulement.

Lorsque nos désirs sont plus forts encore, quand nous sommes dans une grande détresse, nous sommes d'autant plus vulnérables aux croyances fallacieuses qui peuvent éventuellement servir à satisfaire ces besoins.

L'élément d'entrée des informations

L'information entre dans la machine à croire parfois sous la forme d'une expérience sensorielle brute et d'autres fois sous la forme d'information organisée, codifiée par le biais de paroles, de livres ou de films. Nous sommes de merveilleux détecteurs de structures, mais toutes les structures que nous détectons ne sont pas significatives. Nos processus perceptifs fonctionnent d'une manière à donner du sens à l'environnement qui nous entoure, la perception n'est pas un amas passif d'informations mais, bien plutôt, la construction active d'une représentation de ce qui se passe dans notre monde sensoriel. Notre appareil perceptif sélectionne et organise l'information venant de l'environnement, et ce processus est sujet à de nombreux biais connus qui peuvent mener à de fausses croyances. En effet, nous sommes d'autant moins susceptibles d'être influencés par l'information entrant qu'elle ne correspond pas à nos croyances. Ainsi, le chrétien pratiquant sera plus préparé à voir la Vierge Marie, une expérience perceptive ou une information suggérant qu'elle est apparue sera plus facilement acceptée sans aucun examen critique que s'il s'agissait d'une personne athée. Il en est de même pour ce qui concerne les expériences considérées comme "paranormales".

L'élément de réponse émotionnelle

Des preuves s'accumulent montrant que nos réponses émotionnelles peuvent être provoquées par l'information extérieure avant même que nous soyons conscient que quelque-chose s'est passé. Prenons cet exemple, donné par LeDoux (1994) :

Un individu se promène dans la foret lorsqu'il entend quelque-chose dans les feuilles mortes et perçoit une forme longue, mince et courbée par terre déclenchant une réaction de peur. Cette information, avant même qu'elle atteigne le cortex, stimule le corps dans une course inquiète. Un peu plus tard, quand le cortex a eu assez de temps pour décider si l'objet en question est ou n'est pas un serpent, cette information cognitive soit augmentera la réaction de peur correspondant au comportement de fuite, soit stoppera net le coureur.

Ceci s'applique à notre compréhension de l'expérience paranormale, très souvent une expérience émotionnelle accompagne les hypothèses paranormales. Une forte coïncidence peut produire une "vigueur" émotionnelle menant à une explication paranormale, parce que des événements normaux ne produiraient pas de telles émotions.


L'élément de la mémoire

A travers nos expériences personnelles, nous sommes amenés à croire en la fiabilité de notre mémoire et de notre capacité de juger si un souvenir donné est fiable ou pas. Cependant, la mémoire est un processus constructif plutôt qu'une addition de comptes-rendus littéraux d'expériences passées, et les souvenirs sont sujets à de sérieuses erreurs et déformations. La mémoire n'est pas seulement impliquée dans les processus d'entrée de l'information et de la formation des croyances, elle est elle-même fortement influencée par nos perceptions courantes et nos croyances. Pourtant il est très difficile pour un individu de rejeter les produits de ses propres processus mentaux, tant les souvenirs peuvent sembler "vrais".

L'élément de "feedback" environnemental

Les croyances nous aident à fonctionner. Elles guident nos actions et augmentent ou réduisent nos anxiétés. Si nous agissons sur la base d'une croyance, et si cela "marche" pour nous, même imparfaitement, pourquoi en changer ? Le retour (feedback) du monde extérieur renforce ou affaiblit nos croyances, mais étant donné que les croyances elles-mêmes influencent la perception de ce retour, les croyances peuvent devenir très résistantes face à l'information ou à l'expérience opposée. Si vous croyez vraiment que des enlèvements extra-terrestres ont eu lieu, alors n'importe quelle preuve contre cette croyance sera rationalisée dans le sens désiré, en termes par exemple de conspiration, d'ignorance de la population ou quoi que ce soit d'autre.

Comme mentionné plus haut, les croyances fallacieuses peuvent souvent être plus utiles que celles reposant sur la vérité. Par exemple, Shelley Taylor dans son livre "Les illusions positives", rapporte que la recherche montre que les personnes modérément dépressives sont souvent plus réalistes en ce qui concerne le monde que les gens heureux. Les personnes se sentant bien dans leur peau vivent dans une certaine mesure en construisant de fausses croyances - des illusions - qui réduisent leur anxiété et aide à se sentir bien, tandis que les personnes dépressives à un certain degré, voient le monde plus fidèlement. Les gens heureux pourraient sous-estimer la probabilité d'avoir un cancer ou d'être tué, et éviteraient de penser à cette réalité ultime qu'est la mort, alors que les individus plus dépressifs seraient plus exacts dans leur considération de tels soucis.


Un bon moyen de vérifier si la réalité correspond bien à la perception que l'on s'en fait et à nos croyances est de les comparer avec celles des autres. Si je suis le seul à interpréter une lueur étrange comme une apparition, je serais plus susceptible de devoir modifier mon interprétation que si plusieurs autres personnes partageaient la même vision. Nous cherchons souvent des personnes qui sont d'accord avec nous, ou choisissons de manière sélective la littérature soutenant nos croyances. Si la majorité doute de nous, nous chercherons alors la minorité avec laquelle travailler dans le but d'écarter ce doute et y trouver des certitudes. Nous pourrons invoquer des conspirations et la dissimulation pour expliquer une absence de preuve corroborante. Nous travaillerons à inculquer aux autres nos croyances, plus spécialement aux enfants. Des croyances partagées peuvent promouvoir une certaine solidarité sociale et même une certaine importance pour l'individu et le groupe.

Conclusion

Les croyances sont générées par la machine à croire sans soucis automatique de la vérité. L'intérêt pour ce qui est vrai est une "organisation" supérieure de l'orientation cognitive acquise qui reflète une philosophie sous-jacente présupposant une réalité objective pas toujours perçue par nos sens.

Le moteur à croyances avance, renforçant les vieilles croyances, évacuant les nouvelles ou les mettant rarement de côté. Nous pouvons parfois voir les erreurs ou la bêtise dans les croyances des autres. Mais il est très difficile de voir la même chose dans les nôtres. Nous croyons en toutes sortes de choses, abstraites ou concrètes - en l'existence du système solaire, les atomes, les pizza, les restaurants cinq étoiles. Ces croyances ne sont pas différentes dans leur principe de celles de fées, de fantômes dans un abbaye, de loup-garou, de conspiration satanisante, de guérisons miraculeuses, etc. De telles croyances sont similaires dans leur forme, toutes produites par un même processus, bien qu'elles soient totalement différentes en substance. Elles peuvent, cependant, impliquer une participation importante ou pauvre de l'esprit critique et de l'élément de réaction émotionnelle.

La pensée critique, la logique, la raison, la science - ce sont tous des termes qui s'adressent, d'une façon ou d'une autre, à une tentative délibérée de dénicher la vérité au milieu de la confusion de l'intuition, de l'altération de la perception et d'une mémoire faillible. Le véritable critique accepte ce que peu de personnes peuvent accepter : que l'on ne peut pas faire confiance en ces perceptions ni en ses souvenirs. Les fruits de notre imagination et les reflets de nos besoins émotionnels peuvent souvent s'interposer ou supplanter notre perception de la vérité et de la réalité. Par le moyen de l'éducation et en encourageant l'esprit critique, nos sociétés prendront leurs distance vis-à-vis de l'irrationalité, mais nous n'arriverons jamais à abandonner complètement nos tendances irrationnelles, toujours à cause de la nature basique de la "machine à croire".

L'expérience est souvent un guide bien pauvre vers la réalité. Le scepticisme aide à douter de notre expérience et à échapper d'être trop convaincu par ce qui n'est pas. Il faudrait sans cesse se rappeler ces paroles de Léonard de Vinci : "Qui ne doute pas, acquiert peu".

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