Le Conspirationnisme

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Le Conspirationnisme

Message  Gourou le Ven 15 Juil - 15:59

Les secrets d'une conspiration réussie :


Ne pas croire au hasard. Insinuer dans l'esprit de l'auditoire que tout à une cause, un dessein et un seul, le plus simple possible afin de faire faire l'économie de la réflexion. Surtout en ce qui concerne les catastrophes. Rejeter toutes les explications apportées jusqu'alors.

Attribuer un sens nouveau à des événements, des signes ou des déclarations sans aucun rapport entre eux.

Désigner un coupable.

Révéler de mauvaises intentions présumées, plus elles sont vagues, mieux c'est.

Discréditer les autorités politiques et les institutions. Les présenter comme incompétentes, infiltrées et noyautées par l'adversaire.

Révéler l'existence d'un groupe d'initiés, et les citer pour montrer que la conspiration existe et fait tache d'huile.

Se protéger des sources d'information externes, contraires et dénoncer celles-ci comme fausses ou à la solde de l'ennemi.

Prévenir la population contre de nouveaux méfaits, imminents, des conspirateurs. Insister sur l'urgence des mesures à prendre.

Faire appel à la vigilance, à la collaboration ... et aux dons.


Vous êtes embrouillé par le fonctionnement du monde ?

Pourquoi ne pas lui donner vous-même du sens avec une grande théorie conspirationniste ! Pourtant, il en existe déjà tellement se développant tout autour de nous. Ici, l'occasion vous est donnée, grâce à Charlatans, de produire votre propre théorie. Entrez simplement vos sélections, cliquez sur le bouton en bas de page, il vous suffira ensuite de l'envoyer par mail à des millions d'internautes ou de l'imprimer et de la placarder partout. Vous deviendrez ainsi le héro de votre prochaine réunion de la milice anti-conspiration.

Amusez-vous bien mais rappelez-vous .... Ils vous regardent !


http://www.charlatans.info/conspiration.shtml


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Les théoriciens du complot conspirent

Message  Gourou le Ven 15 Juil - 15:59

Les théoriciens du complot conspirent


Une étude de l’Université du Kent a montré que les théories de la conspiration – comme celles qui entourent la mort de la Princesse Diana par exemple – sont plus susceptibles d’être crues par des individus qui sont eux-mêmes disposés à comploter.

Dans un article publié dans le British Journal of Social Psychology [1], les Dr Karen Douglas et Robbie Sutton, deux chercheurs en psychologie, ont découvert que – en accord avec le processus psychologique qu’on appelle "la projection" – la perception d’un individu selon laquelle "je le ferais" informe sur sa perception d’"ils l’ont fait".

La recherche montre que le transfert des théories conspirationnistes est influencé par le désir personnel de conspirer, d’après les réponses de 250 étudiants anglais à 17 conspirations supposées connues, comme l’"assassinat" de la Princesse Diana et de John Kennedy, le "canular" du pied sur la Lune et l’orchestration des attaques du World Trade Center le 11 septembre 2001 par le gouvernement américain.

Dans la première étude, on a demandé aux participants s’ils auraient personnellement joué un rôle dans de telles conspirations s’ils avaient été en position de le faire. Comme par exemple : "si vous étiez dans la position du gouvernement, auriez-vous lancé l’attaque contre les tour jumelles ?" Plus les participants indiquaient une volonté de comploter, et plus ils trouvaient ces mêmes théories du complot plausibles, intéressantes et dignes de valeur.

Les chercheurs ont aussi découvert que les participants qui étaient fortement machiavéliques – définis comme ceux désireux d’exploiter les autres pour un gain personnel – étaient plus susceptibles d’indiquer leur désir de comploter, et donc étaient plus enclins à croire dans les théories conspirationnistes.

Dans la seconde étude, on a demandé à la moitié des participants de se souvenir d’une époque pendant laquelle ils avaient aidé quelqu’un. L’équipe de recherche prétendait que cela augmenterait temporairement le sens moral des participants. Comme attendu, ces participants, comparés à un groupe contrôle, étaient moins enclins à conspirer, et donc moins susceptibles de prendre les théories du complot au sérieux.

"Nous voulions tester une nouvelle explication de la raison faisant que les théories du complot sont si populaires à l’époque d’internet, ou les gens ont accès à toutes sortes de sources d’information variées et souvent contradictoires" explique le Dr Douglas. "Nous avons découvert que dans leur quête d’explications dans de telles conditions incertaines et confuses, les gens font partiellement confiance dans la projection – l’hypothèse selon laquelle les autres se comporteraient plutôt comme eux le feraient."

"Nous ne disons cependant pas que tous les théoriciens de la conspiration sont immoraux, ou qu’ils en sont arrivés à croire ce qu’ils croient grâce à des projections. Il est important de noter que d’autres facteurs pourraient conduire les gens à croire dans les théories du complot. Aussi, notre recherche ne dit rien sur la vérité ou la plausibilité de ces théories. Cependant, ce que nous avons montré, c’est qu’une raison pour laquelle des gens approuvent les théories conspirationnistes vient de ce qu’ils projettent leurs propres tendances morales sur de prétendus conspirateurs" conclut-elle.

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Le détecteur de théorie conspirationniste

Message  Gourou le Ven 15 Juil - 16:00

Le détecteur de théorie conspirationniste
Comment reconnaitre les théories de la conspiration improbables

Les théories de la conspiration existent à foison. Qu'il s'agisse de l'histoire de la mort des Kennedy, de la Princesse Diana et autres spéculations sur l'Ordre du Nouveau Monde, les Templiers, les Franc-maçon, les Illuminati, les Rothschild ou Rockefeller, l'attentat du World Trade Center, voire les Protocoles des Sages de Sion. Il faudrait des livres pour tous les répertorier.

Nous ne pouvons néanmoins pas seulement rejeter toutes ces théories d'un revers de la main, car il arrive que certaines conspirations soient réelles. Au lieu de cela, mieux vaut analyser les signes qui indiquent si une théorie de la conspiration est susceptible d'être fausse. Plus elle présente les caractéristiques suivantes, et moins il est probable que la théorie soit crédible ou véritable :
Les preuves de la conspiration émergent prétendument d'un ensemble de "points connectés" entre des événements qui n'ont pas besoin d'être connectés de manière causale. Quand aucune preuve soutient ces connexions exceptées les allégations de la conspiration, ou quand la preuve colle tout aussi bien à d'autres connexions causales (ou au hasard), la théorie de la conspiration est susceptible d'être fausse.

Les agents derrière le modèle de la conspiration auraient besoin d'un pouvoir pratiquement surhumain ou illimité pour réussir leur oeuvre. Les gens ne sont habituellement pas aussi puissants que ce qu'on pense.

La conspiration est complexe, et sa réussite demande un grand nombre d'éléments.

De la même manière, la conspiration implique un grand nombre de personnes qui devraient toutes garder le silence sur leur secret. Plus il y a de gens impliqués, et moins elle devient réaliste.

La conspiration contient une grande ambition pour contrôler une nation, une économie ou un système politique. Si cela suppose une domination du monde, la théorie est encore moins susceptible d'être vraie.

La théorie de la conspiration accroche des petits événements qui pourraient s'appliquer à de plus grands événements beaucoup moins probables.

La théorie conspirationniste assigne des explications de mauvais augure et sinistres à des événements qui sont anodins et insignifiants.

La théorie tend à mélanger des faits et des spéculations sans distinguer entre les deux, et sans mettre de degrés de probabilité ni de factualité.

Le théoricien est suspicieux de toutes les agences gouvernementales ou groupes privés, ce qui suggère une incapacité à nuancer les différences entre les véritables conspirations et les fausses.

Le théoricien de la conspiration refuse de considérer les explications alternatives, rejetant toute preuve qui la réfute, et cherche manifestement les seules preuves qui confirment sa théorie, pour soutenir ce qu'il a déterminé comme vrai a priori.

Le fait que des politiciens mentent parfois, ou que des corporations trichent, ne signifie pas que chaque événement soit le résultat d'une conspiration tortueuse. La plupart du temps, les événements se déroulent seulement, et nos cerveaux connectent les points dans des modèles d'explication qui auraient du sens.

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Re: Le Conspirationnisme

Message  Gourou le Ven 15 Juil - 16:02

Pourquoi les théories du complot ont autant de succès

Comment les théories du complot qui ont traversé l'Histoire sont-elles devenues si populaires ? Les chercheurs se sont penchés sur le succès des thèses conspirationnistes, de la Révolution française au 11 Septembre, en passant par « Le Protocole des sages de Sion » et l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy.

1 Elles donnent du sens à ce qui n'a été ni voulu, ni prévu

« Un complot peut se définir minimalement comme un récit explicatif permettant à ceux qui y croient de donner un sens à tout ce qui arrive, en particulier à ce qui n'a été ni voulu ni prévu », écrit Pierre-André Taguieff, historien des idées et politologue.

C'est la volonté de comprendre un événement qui paraît inexplicable. Les textes conspirationnistes jugés fondateurs remontent à la Révolution française. Ils ont pris forme dans les milieux monarchistes et catholiques qui refusaient ce changement de régime politique. Et ils se développent lors de grands événements historiques, souvent traumatisants, comme la Première Guerre mondiale ou les attentats du 11 Septembre.

« Les thèses semblent mieux fonctionner en période de crise. Ainsi, la fin du XIXe siècle ou les années 1930 ont été des périodes favorables à la naissance de ces textes », remarque Emmanuel Kreis, historien des courants ésotériques modernes et contemporains.

2 Elles apportent des réponses simples

Les auteurs des thèses alternatives opposent les incohérences et failles de la version officielle, à la transparence et à la simplicité de leur raisonnement.

« Tout a été prévu, médité, combiné », écrit l'abbé Barruel dans ses « Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme » de 1797, où il accuse les francs-maçons et des sociétés secrètes d'être à l'origine de la Révolution française. Il s'attache dans ce cas à un événement historique précis. Mais en même temps, il fournit une explication plus globale d'une conspiration contre l'Eglise.

De même, « Les Protocoles des sages de Sion », l'un des plus fameux textes conspirationnistes, diffusé en 1901, prouverait l'existence d'un complot mondial ourdi par les juifs. Une enquête a prouvé depuis longtemps qu'il s'agissait d'un faux réalisé par la police secrète tsariste. Mais les protocoles ont, hélas, du mal à disparaître du paysage planétaire.

3 Elles mettent en avant notre capacité à douter

« Les théoriciens du complot ne cherchent pas vraiment à démontrer ce qui est vrai, mais à prouver que l'autre camp ment », affirme Guillaume Brossard, co-fondateur de HoaxBuster.com, site francophone qui décrypte les rumeurs sur Internet.

Les conspirationnistes partent du postulat que « derrière les apparences, il y a une autre réalité », explique l'historien Emmanuel Kreis. Douter est un réflexe positif. Être sceptique ne signifie pas forcément être conspirationniste, un terme porteur d'un jugement négatif.

4 Elles prouvent que les puissants mentent et manipulent

Au XIXe siècle, ce sont les puissances souterraines, les sociétés secrètes qui sont accusées de fomenter des complots. Les jésuites, les francs-maçons et les juifs constituent les trois cibles favorites. Jusqu'en 1950, la majorité des théoriciens viennent de l'extrême droite.

Mais la mondialisation et la dureté croissante du capitalisme poussent l'extrême gauche à formuler à son tour des théories du complot. De nouvelles cibles apparaissent au XXe siècle dans les thèses : les élites économiques et politiques.

L'attentat contre le président américain Kennedy en 1963 marque le développement des théories de conspiration venant de l'Etat, auxquelles sont souvent mêlés les politiques et les médias.

Céline Marcon

► L'imaginaire du complot mondial. Aspects d'un mythe moderne de Pierre-André Taguieff, éd. Mille et une Nuits - 213p. - 3€.
► Les puissances de l'ombre. Jésuites, francs-maçons, réactionnaires… la théorie du complot dans les textes anthologie réunie par Emmanuel Kreis - CNRS Editions - 309p., 22€.


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Re: Le Conspirationnisme

Message  Gourou le Ven 15 Juil - 16:03

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Faites vous même votre propre théorie conspirationniste

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Complocratie

Message  Gourou le Ven 15 Juil - 16:10

[quote]

« Complocratie » : plongée dans un monde de conspirations
Par Augustin Scalbert | Rue89 |

Dans un livre événement, Bruno Fay décortique les mécanismes qui génèrent les théories du complot. Bonnes feuilles exclusives.

Journaliste indépendant, Bruno Fay est le co-auteur de deux enquêtes remarquées : « Le Casier judiciaire de la République, abécédaire des hommes politiques mis en examen » (2002), et « No Low Cost » (2009), sur les coulisses et ravages de l'économie à bas coût.

"Complocratie" de Bruno Fay (éditions du Moment).Dans « Complocratie » (paru ce 24 février aux éditions du Moment), il se penche sur « les sources du nouveau conspirationnisme ». En plus d'une recherche documentaire très fouillée, il a rencontré des chercheurs, des acteurs de premier plan, mais aussi quelques conspirationnistes, pour de longs entretiens. A noter, des interviews chocs de Michel Rocard et du président du groupe Bilderberg.

Il explore son sujet dans toutes ses dimensions : la psychologie, le poids d'Internet, évidemment, qui accélère la circulation de la rumeur et de l'information. Mais aussi la stigmatisation du doute par le discours dominant, les manipulations d'officines « barbuzzardes » (des barbouzes lançant des buzz) ou le mensonge des hommes politiques, qui alimente la méfiance. Secrets d'Etat ou propagande politique.

Un mensonge de Sarkozy, copié sur celui de Reagan

Avant d'explorer la stigmatisation du doute et des secrets d'Etat, deux rapides exemples.

Un mensonge de l'actuel président de la République, « construit de main de maître », même si « ce n'est malheureusement pas l'apanage du quinquennat de Nicolas Sarkozy ».

Le 16 mai 2008, il visite un Pôle emploi à Melun. Dans son discours, il cite un exemple concret de chômeur ayant refusé 67 offres d'emploi en un an, exemple venu de « l'un de vous », parmi les gens qui l'écoutent.

Un journaliste a vérifié : c'était totalement faux. « Une pure invention destinée à frapper les esprits », écrit Fay. Copiée sur un mensonge similaire imaginé par le candidat républicain Ronald Reagan pour justifier la fin de l'Etat-providence.

A la fin de son livre, Bruno Fay aborde la surveillance (caméras, téléphones, puces électroniques) et son pendant psychologique, une pathologie nouvelle : le syndrome de Truman. En anglais, « Truman Show Delusion », du nom de ce film de 1998 où Jim Carrey vit filmé et regardé par des millions de téléspectateurs depuis sa naissance.

Un syndrome du « Truman Show »

Dix ans plus tard, des scientifiques rapportent « le nombre croissant de patients convaincus que chacun de leurs gestes est filmé secrètement ».

Même si des pathologies existent, le grand intérêt du livre de Bruno Fay est de montrer que le discours dominant présente l'ensemble des adeptes de théories conspirationnistes comme dérangés.

L'auteur passe en revue les études scientifiques sur les complots. Parmi les tendances gênantes par rapport à la neutralité de la recherche, l'une consiste, pour beaucoup de « chercheurs en vue », à évacuer d'emblée la véracité de certaines théories. « 100% des illuminés seraient fous », ironise Bruno Fay.

C'est le cas aussi de la plupart des médias et de certains journalistes, comme Daniel Leconte. Fay se demande avec malice ce qu'il se passerait si, dans les reportages de celui qui est aussi un producteur influent, il usait de la même rhétorique pour les juifs, les chrétiens ou les musulmans que pour les conspirationnistes :

« Daniel Leconte serait renvoyé sur-le-champ. »

Amalgame conspirationnisme = antisémitisme

Un « autre travers », écrit-il, « qui caractérise la plupart des ouvrages consacrés au conspirationnisme consiste […] à tout voir à travers le prisme de l'antisémitisme ». Parmi ces chercheurs spécialistes de l'amalgame, Pierre-André Taguieff :

« Laisser entendre que les mouvements conspirationnistes post-11-Septembre sont essentiellement animés par l'antisémitisme, c'est une fois encore confondre la partie et le tout.

C'est procéder à un amalgame entre une minorité d'extrémistes, obsédés depuis longtemps par la haine des juifs, et des centaines de millions de personnes, aux Etats-Unis et en Europe, troublées par l'attitude du gouvernement américain et les liens avérés entre la famille Bush, l'Arabie Saoudite et le clan Ben Laden. […]

Au cours de mes entretiens, j'ai même entendu l'un des adeptes de Pierre-André Taguieff me dire que, si les militants de ReOpen911 n'évoquent jamais la thèse du complot juif, c'est qu'ils avancent masqués pour mieux dissimuler leur antisémitisme profond. C'est le complot dans le complot. »

Les services secrets alimentent la paranoïa

Relevant notamment que de nombreux Terriens pensent que les Américains ont eux-mêmes piloté les attentats du 11-Septembre (11% des Français), Fay s'interroge :

« Des centaines de millions de personnes dans le monde entier auraient-elles perdu la tête ?

En défendant la thèse d'un complot mondial politico-scientifique destiné à surestimer le réchauffement climatique, qui serait selon lui une imposture, Claude Allègre a-t-il lui aussi perdu la boule ?

En doutant de la version officielle sur le 11-Septembre, Mathieu Kassovitz, que l'on peut difficilement qualifier d'antisémite, mérite-t-il d'être placé d'office en hôpital psychiatrique ?

En 2009, 55 millions de Français ont refusé de se faire vacciner contre la grippe A, malgré les recommandations explicites de l'Organisation mondiale de la santé et de la ministre de la Santé Roselyne Bachelot qui exhortait nos concitoyens à se protéger de toute urgence. Ils n'ont pas cru la parole officielle.

Imaginer que l'on nous ment sur les attentats de New York ou sur la réalité de l'épidémie de grippe A relève d'un même schéma de pensée. Le terreau psychologique de chaque individu ne suffisant pas à l'expliquer, cela révèle, dans les deux cas, une profonde crise des autorités.

Au lieu de partir de théories fantaisistes pour analyser les racines du conspirationnisme, intéressons-nous plutôt à l'impact produit sur l'opinion publique par la révélation de complots avérés. »

A ce propos, Bruno Fay pointe « le cynisme et le double jeu des agences de renseignement qui alimentent la paranoïa ».

Les faux et les vrais complots

Concernant le 11-Septembre, que l'auteur décrypte sur soixante pages, renvoyons vers le blog de Rue89 ou à cette citation du chercheur Eric Denécé :

« La version officielle n'est pas vraie, mais celle de Thierry Meyssan non plus. »

Bruno Fay évoque beaucoup de faux complots. Des vrais aussi, comme l'entrée en guerre des Etats-Unis en Irak en 2003, l'affaire Clearstream 2 ou le projet secret Mkultra mené pendant trente ans par la CIA pour expérimenter « des techniques de contrôle du comportement sur des citoyens américains », à leur insu, bien sûr.

Ou encore des complots très probablement vrais, comme l'assassinat, en 1961, du secrétaire général de l'ONU Dag Hammarskjöld, dans un « accident » d'avion commandité par la CIA américaine, le MI5 britannique et les services secrets sud-africains (dont des documents révélés par Desmond Tutu étayent fortement cette thèse).

En rencontrant l'ancien Premier ministre Michel Rocard, Bruno Fay a obtenu deux scoops : la confirmation que le mercenaire Bob Denard était bien missionné par la DGSE lors de ses coups d'Etat aux Comores (on s'en doutait depuis 1999). Et l'aveu qu'avant l'affaire du Rainbow Warrior, la France avait déjà saboté des bateaux de Greenpeace, en 1973.

C'est un des deux extraits que propose Rue89. L'autre est un entretien avec Etienne Davignon, le président du groupe Bilderberg. Autrement dit, « le chef des maîtres du monde », selon les conspirationnistes, que Bruno Fay est le premier journaliste à avoir interviewé.


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générateur de théories du complot

Message  Gourou le Mar 19 Juil - 7:12

Le générateur de théories du complot

http://generateur-de-complots.streetpress.com/

Le site Streetpress lance un «générateur de complot 2.0». L'outil se veut ironique pour mettre en lumière l'absurdité de certaines théories du complot qu'on voit fleurir sur Internet, comme par exemple les récentes spéculations sur la mort du président polonais.

En cliquant sur le générateur, on obtient ce genre de complot farfelu:

Les Francs-Maçons et Bernard Minet veulent imposer l'oeuvre de Marc Levy au bac de français pour enfin créer une race de super-mutants.

Pour accompagner ce générateur de complot, Streetpress a interrogé le responsable du site spécialisé Conspiracy Watch, qui donne sa définition de la théorie du complot:

Le conspirationnisme tente d’apporter un récit explicatif concurrent du récit communément admis. Contrairement à ce que le «isme» de conspirationnisme fait penser, ce n’est pas une idéologie. C’est en fait un mode de discours qui est très voisin du discours négationniste sauf que le négationnisme nie la réalité de l’événement.

http://www.slate.fr

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Zététique et théorie du complot

Message  Gourou le Mer 20 Juil - 22:55

"Zététique et théorie du complot"

L'esprit critique tend à se méfier des théories du complot parce qu'elles naissent de leur propre réfutation. Explication : en règle générale, on considère à juste titre que « l'absence de la preuve n'est pas la preuve de l'absence ». La conséquence logique de ce principe est qu'il est impossible de démontrer l'inexistence de quelque chose, et que l'on doit donc démontrer positivement ce qu'on affirme exister. Une chose qui n'est pas démontrée est ainsi considérée, en science, comme inexistante jusqu'à preuve du contraire (sachant qu'une véritable ouverture d'esprit implique d'imaginer aussi que cette « preuve du contraire » ne vienne jamais parce que le phénomène considéré n'existe pas tout court).

Des théories irréfutables

Les complotistes, eux, dévoient ce principe. Puisqu'ils n'ont pas de preuve que leur théorie est la bonne, au lieu de remettre en question leur opinion, ils vont imaginer que les preuves existent, mais qu'elles ont été dissimulées ou supprimées par quelque sombre personnage ou institution. C'est là un bel exemple de réduction au plus court de ce qu'on appelle communément la dissonance cognitive : plutôt que de revenir sur une croyance qui fonde en partie ou en totalité sa personnalité, le partisan du complot aura tendance à échafauder ce genre de théorie ou à s'y accrocher. Si l'absence de preuve n'est pas la preuve de l'absence, pour le complotiste, l'absence de preuve devient preuve du complot. Pour lui, s'il n'y a pas de preuve, ce n'est pas parce que la théorie qu’il soutient est fausse (chose inconcevable), c'est parce qu'elles ont été supprimées. Et donc, qu'il y a complot pour les faire disparaître. Et quand on fait remarquer qu'il n'y a pas de preuves d'une telle conspiration, on vous rétorquera que c'est normal, puisque le complot les a toutes fait disparaître. Ainsi, la théorie du complot s'autoalimente en permanence.
C'est ce qui en fait la force, et sans doute la popularité : comme on ne peut pas, logiquement, prouver l'inexistence de tels complots, ceux-ci sont « irréfutables » au sens où l'entendait Karl Popper ; accessoirement, de ce fait, les théories du complot ne peuvent être considérées comme des théories scientifiques. En effet, pour qu'une théorie puisse être traitée scientifiquement et raisonnablement, il faut qu'elle soit réfutable. Sans réfutablité, point de démarche visant à trier le vraisemblable du faux.
Une façon relativement simple de mettre en évidence le caractère irréfutable (et donc non scientifique) d'une théorie basée sur l'existence d'un complot est de demander au tenant de celle-ci quelle preuve il accepterait pour reconsidérer la validité de son hypothèse. En règle générale, on se rend compte que, pour lui, aucune preuve n'est finalement acceptable.

L'absence de données objectives pour supporter la théorie

À la longue, cela finit par déboucher sur des allégations surréalistes, avec des complots tentaculaires et omnipotents ne laissant jamais aucune trace ni aucune preuve de ce qu'ils sont censés dissimuler, ni même un indice crédible de leur existence. Paradoxalement, ces comploteurs seraient à la fois assez forts pour faire disparaître toute preuve de leur implication, mais en même temps assez stupides pour attirer l'attention de quelque « chercheur de vérité » ou internaute, « initié » d'un genre nouveau qui voit ce que les autres ne voient pas, et le laisser s'épancher sans limites sur le secret qu'ils sont censés protéger à tout prix (bien sûr, quand on leur fait remarquer cette incohérence, les complotistes échafaudent une nouvelle explication ad hoc sur mesure : « c'est de la désinformation », « cela fait partie du complot » - vous noterez qu'on peut tourner longtemps en rond comme cela !). On peut aussi faire remarquer que, l'erreur étant humaine, on voit mal comment des conspirations impliquant autant de monde pourraient durer parfois des décennies sans laisser échapper la moindre trace crédible de leur existence.
Évidemment, les tenants d'une théorie du complot vous rétorqueront que ces indices existent, puisqu'ils les voient. C'est là qu'il incombe de redoubler de vigilance critique. « La source d'une information est fondamentale », dit-on en zététique : demandons-nous d'où vient l'information. S'agit-il d'une source anonyme, travaillant prétendument dans telle agence gouvernementale et ayant accès à des informations « above top secret » ? N'importe qui peut écrire ce genre de « témoignage » et le poster anonymement sur Internet, cela ne rend pas vrai ce qu'il y raconte pour autant. Si la source est nommée, il convient si c'est possible de vérifier ses dires, si tant est qu'ils soient vérifiables. Si ce n'est pas le cas, mieux vaut afficher la plus grande circonspection, voire passer son chemin.

L'utilisation du curseur de vraisemblance

Certaines des théories complotistes s'appuient sur la mise en évidence d'« anomalies » dans les « thèses officielles ». C'est le cas, par exemple, de celles qui remettent en cause le premier pas de l'Homme sur la lune ou la réalité des attentats du 11 septembre 2001 aux États-unis. Aux tenants de ces théories, il est très difficile de faire comprendre que les anomalies, réelles ou supposées, si elles peuvent permettre de se questionner sur les conclusions présentées, ne sont en aucun cas un indice de la validité de théories alternatives. La publication des anomalies, si elle n'est pas suivie d'une recherche de preuves objective, ne peut constituer qu'une première étape. Or, où sont les preuves d'une « démolition contrôlée » des tours du World Trade Center ? Où sont les preuves d'une reconstitution en studio de l'alunissage de Apollo 11 ?

Face à deux théories concurrentes concernant un même phénomène, le zététicien aura tendance à utiliser un élément essentiel de sa boîte à outil : le curseur de vraisemblance. Sur une échelle de 0 (invraisemblable) à 10 (certain), celui-ci essaiera de positionner les différentes théories en fonction de leur coût cognitif. Ainsi, une théorie qui remet en cause l'ensemble des connaissances scientifiques actuelles et qui n'est appuyée par aucune donnée objective sera jugée moins vraisemblable qu'une théorie qui s'inscrit dans le corpus des données scientifiques connues et pour laquelle on dispose de nombreuses données objectives. On peut illustrer cela en comparant la masse d'informations récoltée lors de la mission Apollo 11[1] au manque de données permettant de valider la théorie d'une reconstitution en studio. Ajoutons à cela qu'en pleine guerre froide le gouvernement soviétique n'a jamais remis en question la réalité de cette mission et le positionnement du curseur de vraisemblance se précise : la théorie selon laquelle l'Homme n'aurait pas posé le pied sur la lune lors de la mission Apollo 11 est alors d'autant moins vraisemblable (que les Russes avaient les moyens de savoir).

Rasoir d'Ockham et rasoir de Hanlon

Le contexte des événements cités et des preuves avancées par les complotistes est également à prendre à considération. Par exemple, l'armée de l'air états-unienne s'est bien livrée à une certaine dissimulation sur les ovnis, dans les années 1940-50. Seulement, ce n'était pas pour cacher au monde l'existence d'une intelligence extraterrestre, mais plutôt sa propre incompétence. En effet, ses officiers n'étaient alors pas du tout formés à étudier des cas d'ovnis et rarement capables de détecter les méprises simples qui forment l'essentiel du corpus des témoignages - ce qu'elle ne savait pas elle-même à l'époque. Or, le simple fait qu'il y ait dans l'espace aérien nord-américain quelque chose (les ovnis) que l'US Air Force ne sache pas expliquer (parce qu'elle n'avait pas les compétences techniques pour le faire) et contrôler, à une époque où sa mission première est de défendre le pays contre une intrusion nucléaire soviétique, était politiquement inadmissible. Ses dirigeants ont donc fini par choisir de ne plus parler des ovnis, en imaginant que les gens cesseraient d'en voir.[2]
En pareil cas, il faut donc aussi savoir se servir de ce qu'on nomme le « rasoir de Hanlon », un dérivé du fameux « rasoir d'Ockham » adapté aux théories du complot. On pourrait le résumer par « il n'est pas nécessaire d'attribuer à la malice ce que la bêtise suffit à expliquer ». En d'autres termes, l'incompétence, l'erreur sont des imperfections bien humaines et lorsqu'on examine un événement que d'aucuns attribuent à l'oeuvre d'un complot, il faut toujours se pencher en priorité sur ces explications simples et « moins coûteuses » avant d'y voir le résultat d'une hypothétique volonté délibérée.

Questions à se poser pour évaluer la vraisemblance une théorie :

Qui est à l'origine de cette théorie ?
Qu'affirme-t-il exactement ?
Quelles données l'auteur de la théorie apporte-t-il à l'appui de celle-ci ?
Quelles sont les hypothèses alternatives ?
Quelles sont les données qui appuient les autres thèses ?
Quelles sont les preuves que l'auteur jugerait acceptables pour considérer que sa théorie est fausse ?
Quel est le contexte (social, politique, économique...) ?

Notes :
[1] voir notre article « Au sujet de Apollo 11 et des premiers pas de l'Homme sur la lune... »
[2] Voir, par exemple, le livre de Edward J. Ruppelt : The Report On Unidentified Flying Objects, disponible en ligne à l'adresse www.nicap.org/rufo/contents.htm (en langue anglaise).
À lire également : Quelques principes de zététique.



Éric Déguillaume et Nicolas Vivant.

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Zététique et théorie du complot

Message  Newo le Mar 6 Sep - 14:39

"Zététique et théorie du complot"

L'esprit critique tend à se méfier des théories du complot parce qu'elles naissent de leur propre réfutation. Explication : en règle générale, on considère à juste titre que « l'absence de la preuve n'est pas la preuve de l'absence ». La conséquence logique de ce principe est qu'il est impossible de démontrer l'inexistence de quelque chose, et que l'on doit donc démontrer positivement ce qu'on affirme exister. Une chose qui n'est pas démontrée est ainsi considérée, en science, comme inexistante jusqu'à preuve du contraire (sachant qu'une véritable ouverture d'esprit implique d'imaginer aussi que cette « preuve du contraire » ne vienne jamais parce que le phénomène considéré n'existe pas tout court).

Des théories irréfutables

Les complotistes, eux, dévoient ce principe. Puisqu'ils n'ont pas de preuve que leur théorie est la bonne, au lieu de remettre en question leur opinion, ils vont imaginer que les preuves existent, mais qu'elles ont été dissimulées ou supprimées par quelque sombre personnage ou institution. C'est là un bel exemple de réduction au plus court de ce qu'on appelle communément la dissonance cognitive : plutôt que de revenir sur une croyance qui fonde en partie ou en totalité sa personnalité, le partisan du complot aura tendance à échafauder ce genre de théorie ou à s'y accrocher. Si l'absence de preuve n'est pas la preuve de l'absence, pour le complotiste, l'absence de preuve devient preuve du complot. Pour lui, s'il n'y a pas de preuve, ce n'est pas parce que la théorie qu’il soutient est fausse (chose inconcevable), c'est parce qu'elles ont été supprimées. Et donc, qu'il y a complot pour les faire disparaître. Et quand on fait remarquer qu'il n'y a pas de preuves d'une telle conspiration, on vous rétorquera que c'est normal, puisque le complot les a toutes fait disparaître. Ainsi, la théorie du complot s'autoalimente en permanence.
C'est ce qui en fait la force, et sans doute la popularité : comme on ne peut pas, logiquement, prouver l'inexistence de tels complots, ceux-ci sont « irréfutables » au sens où l'entendait Karl Popper ; accessoirement, de ce fait, les théories du complot ne peuvent être considérées comme des théories scientifiques. En effet, pour qu'une théorie puisse être traitée scientifiquement et raisonnablement, il faut qu'elle soit réfutable. Sans réfutablité, point de démarche visant à trier le vraisemblable du faux.
Une façon relativement simple de mettre en évidence le caractère irréfutable (et donc non scientifique) d'une théorie basée sur l'existence d'un complot est de demander au tenant de celle-ci quelle preuve il accepterait pour reconsidérer la validité de son hypothèse. En règle générale, on se rend compte que, pour lui, aucune preuve n'est finalement acceptable.

L'absence de données objectives pour supporter la théorie

À la longue, cela finit par déboucher sur des allégations surréalistes, avec des complots tentaculaires et omnipotents ne laissant jamais aucune trace ni aucune preuve de ce qu'ils sont censés dissimuler, ni même un indice crédible de leur existence. Paradoxalement, ces comploteurs seraient à la fois assez forts pour faire disparaître toute preuve de leur implication, mais en même temps assez stupides pour attirer l'attention de quelque « chercheur de vérité » ou internaute, « initié » d'un genre nouveau qui voit ce que les autres ne voient pas, et le laisser s'épancher sans limites sur le secret qu'ils sont censés protéger à tout prix (bien sûr, quand on leur fait remarquer cette incohérence, les complotistes échafaudent une nouvelle explication ad hoc sur mesure : « c'est de la désinformation », « cela fait partie du complot » - vous noterez qu'on peut tourner longtemps en rond comme cela !). On peut aussi faire remarquer que, l'erreur étant humaine, on voit mal comment des conspirations impliquant autant de monde pourraient durer parfois des décennies sans laisser échapper la moindre trace crédible de leur existence.
Évidemment, les tenants d'une théorie du complot vous rétorqueront que ces indices existent, puisqu'ils les voient. C'est là qu'il incombe de redoubler de vigilance critique. « La source d'une information est fondamentale », dit-on en zététique : demandons-nous d'où vient l'information. S'agit-il d'une source anonyme, travaillant prétendument dans telle agence gouvernementale et ayant accès à des informations « above top secret » ? N'importe qui peut écrire ce genre de « témoignage » et le poster anonymement sur Internet, cela ne rend pas vrai ce qu'il y raconte pour autant. Si la source est nommée, il convient si c'est possible de vérifier ses dires, si tant est qu'ils soient vérifiables. Si ce n'est pas le cas, mieux vaut afficher la plus grande circonspection, voire passer son chemin.

L'utilisation du curseur de vraisemblance

Certaines des théories complotistes s'appuient sur la mise en évidence d'« anomalies » dans les « thèses officielles ». C'est le cas, par exemple, de celles qui remettent en cause le premier pas de l'Homme sur la lune ou la réalité des attentats du 11 septembre 2001 aux États-unis. Aux tenants de ces théories, il est très difficile de faire comprendre que les anomalies, réelles ou supposées, si elles peuvent permettre de se questionner sur les conclusions présentées, ne sont en aucun cas un indice de la validité de théories alternatives. La publication des anomalies, si elle n'est pas suivie d'une recherche de preuves objective, ne peut constituer qu'une première étape. Or, où sont les preuves d'une « démolition contrôlée » des tours du World Trade Center ? Où sont les preuves d'une reconstitution en studio de l'alunissage de Apollo 11 ?

Face à deux théories concurrentes concernant un même phénomène, le zététicien aura tendance à utiliser un élément essentiel de sa boîte à outil : le curseur de vraisemblance. Sur une échelle de 0 (invraisemblable) à 10 (certain), celui-ci essaiera de positionner les différentes théories en fonction de leur coût cognitif. Ainsi, une théorie qui remet en cause l'ensemble des connaissances scientifiques actuelles et qui n'est appuyée par aucune donnée objective sera jugée moins vraisemblable qu'une théorie qui s'inscrit dans le corpus des données scientifiques connues et pour laquelle on dispose de nombreuses données objectives. On peut illustrer cela en comparant la masse d'informations récoltée lors de la mission Apollo 11[1] au manque de données permettant de valider la théorie d'une reconstitution en studio. Ajoutons à cela qu'en pleine guerre froide le gouvernement soviétique n'a jamais remis en question la réalité de cette mission et le positionnement du curseur de vraisemblance se précise : la théorie selon laquelle l'Homme n'aurait pas posé le pied sur la lune lors de la mission Apollo 11 est alors d'autant moins vraisemblable (que les Russes avaient les moyens de savoir).

Rasoir d'Ockham et rasoir de Hanlon

Le contexte des événements cités et des preuves avancées par les complotistes est également à prendre à considération. Par exemple, l'armée de l'air états-unienne s'est bien livrée à une certaine dissimulation sur les ovnis, dans les années 1940-50. Seulement, ce n'était pas pour cacher au monde l'existence d'une intelligence extraterrestre, mais plutôt sa propre incompétence. En effet, ses officiers n'étaient alors pas du tout formés à étudier des cas d'ovnis et rarement capables de détecter les méprises simples qui forment l'essentiel du corpus des témoignages - ce qu'elle ne savait pas elle-même à l'époque. Or, le simple fait qu'il y ait dans l'espace aérien nord-américain quelque chose (les ovnis) que l'US Air Force ne sache pas expliquer (parce qu'elle n'avait pas les compétences techniques pour le faire) et contrôler, à une époque où sa mission première est de défendre le pays contre une intrusion nucléaire soviétique, était politiquement inadmissible. Ses dirigeants ont donc fini par choisir de ne plus parler des ovnis, en imaginant que les gens cesseraient d'en voir.[2]
En pareil cas, il faut donc aussi savoir se servir de ce qu'on nomme le « rasoir de Hanlon », un dérivé du fameux « rasoir d'Ockham » adapté aux théories du complot. On pourrait le résumer par « il n'est pas nécessaire d'attribuer à la malice ce que la bêtise suffit à expliquer ». En d'autres termes, l'incompétence, l'erreur sont des imperfections bien humaines et lorsqu'on examine un événement que d'aucuns attribuent à l'oeuvre d'un complot, il faut toujours se pencher en priorité sur ces explications simples et « moins coûteuses » avant d'y voir le résultat d'une hypothétique volonté délibérée.

Questions à se poser pour évaluer la vraisemblance une théorie :

Qui est à l'origine de cette théorie ?
Qu'affirme-t-il exactement ?
Quelles données l'auteur de la théorie apporte-t-il à l'appui de celle-ci ?
Quelles sont les hypothèses alternatives ?
Quelles sont les données qui appuient les autres thèses ?
Quelles sont les preuves que l'auteur jugerait acceptables pour considérer que sa théorie est fausse ?
Quel est le contexte (social, politique, économique...) ?

Notes :
[1] voir notre article « Au sujet de Apollo 11 et des premiers pas de l'Homme sur la lune... »
[2] Voir, par exemple, le livre de Edward J. Ruppelt : The Report On Unidentified Flying Objects, disponible en ligne à l'adresse www.nicap.org/rufo/contents.htm (en langue anglaise).
À lire également : Quelques principes de zététique.



Éric Déguillaume et Nicolas Vivant.

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Re: Le Conspirationnisme

Message  Newo le Mar 6 Sep - 14:45

Les conspirationnistes sont des oiseaux


Plus de 91 000 documents top-secrets de l’Otan sont sortis dans la presse. Il s’agit des documents réalisés au jour le jour par l’Otan en Afghanistan, et qui racontent ce qui s’est passé dans la journée.

Et vous savez ce qu’on y apprend ?

Rien.

91 000 documents top-secrets portant sur une guerre impopulaire divulgués à la presse, et on n’apprend rien de nouveau. Oh, certes, il y a bien quelques détails intéressants, mais d’une manière générale, ces documents n’apportent rien de neuf. Sans doute seront-ils une source inépuisable de thèses de sociologie des organisations, et il est plus que probable que quand historiens et journalistes chercheront à écrire un livre sur le déroulement de la guerre en Afghanistan, ils se baseront en bonne partie sur ces documents.

Mais pour le reste, néant.

Qu’est-ce qui est intéressant là dedans ?

Et bien c’est que malgré le fait que la guerre soit à l’autre bout du monde, qu’il y ait très peu de journalistes sur place et que les habitants soient incapables de balancer les images filmées par leurs portable ultramoderne sur Youtube, malgré le fait que la guerre soit impopulaire, les gouvernements occidentaux sont incapables de mentir pour mieux faire passer la guerre à leurs opinions publiques.
Mieux, ils n’essayent même pas.

Ce que ça prouve, c’est que les conspirations, les complots sont impossibles. S’il n’y a pas eu, même de minuscules petits complots en Afghanistan, il n’y en a pas pour des trucs énormes. Tout simplement parce que les gens parlent, et qu’à part dans les films de Roland Emmerich, il est impossible pour un gouvernement de tuer des dizaines de personnes sans que ça se remarque. Et sans que les tueurs se mettent eux aussi à parler.

La vérité, c’est que les conspirationnistes sont effrayés par la complexité du monde. Ils préfèrent penser que telle ou telle classe sociale, la haute-bourgeoisie anglo-saxonne par exemple, qui compte, rappelons-le à tout hasard, des centaines de milliers de personnes au bas mot, s’est mise d’accord pour agir de telle ou telle façon, plutôt que de comprendre qu’il y a des centaines de milliers d’intérêts individuels et collectifs influencés par le conformisme, le mimétisme, la peur, la colère, bref, tout ce qui fait que ces gens sont malgré tout humains, ce qui explique tout à fait que ladite classe sociale se soit comportée de façon suicidaire. (Thèse de la crise provoquée à dessein.) Il est tellement plus rassurant de s’imaginer que le 11 septembre a été provoqué par le gouvernement américain plutôt que de se dire que vingt pelés et quatre tondus (enfin, tondus…) sont capables de causer un séisme planétaire. Il est tellement terrifiant de s’imaginer que des virus comme le Sida peuvent surgir parce que c’est la vie et c’est comme ça qu’on se raconte qu’ils ont été fabriqués par les blancs, les juifs ou les homosexuels. Il est tellement plus excitant de penser que Kennedy a été la victime d'un complot visant à l'empêcher de quitter le Viêt-Nam et de réaliser des réformes sociales que de reconnaître qu'il a été tué par un fou. (Bon, faut être sacrément débile pour y croire à celle-là, parce qu'à part engager les Etats-Unis au Viêt-Nam et sauter Marylin Monroe, Kennedy n'a strictement rien fait de son mandat.)
Le monde est complexe, pour une simple et bonne raison qui est que l’esprit humain est complexe. Ce n’est pas parce que des industriels ont intérêts à la guerre que ce sont eux qui la provoquent : ils peuvent la pousser, mais les guerres sont provoquées par l’avidité humaine, la lâcheté ou l’ambition des dirigeants, par la démographie, sans qu’il soit besoin qu’un groupe d’industriel choisisse sciemment de la faire. Le cas de l’Irak est à cet égard frappant : la guerre a été une excellente chose pour le complexe militaro-industriel, mais si elle a été déclenchée, c’est parce que les américains avaient besoins de taper sur quelqu’un après le 11 septembre et que l’Afghanistan ne suffisait pas, et parce que George W. Bush avait de toute évidence un sacré problème à régler avec son père.

D’ailleurs, prenons le dernier exemple de complot connu en date. Celui qui a servit de prétexte à l’invasion de l’Irak : les armes de destruction massive. C’était un complot. Et personne n’y a cru.

http://nihilismeromantique.blogspot.com/2010/08/les-conspirationnistes-sont-des-oiseaux.html

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Chroinique Tristan Mendès France

Message  Newo le Mar 13 Sep - 17:40

J’ai commencé par un sujet qui ne va pas plaire à tout le monde : les conspis… Histoire de titiller mes trolls habituels. Wink Et puis c’est ma façon à moi de mettre les pieds dans le plat.
Je tiens à saluer en passant toute l’équipe de l’émission qui a été très sympa avec moi.
Ma chronique sera hebdomadaire, un mois sur deux. On verra bien ce que ça donne à terme.
En attendant, n’hésitez pas à me faire des remarques ou des critiques sur le fond ou la forme.


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